L’onchocercose, plus connue sous le nom de « cécité des rivières », est due au ver parasite.
Le parasite se propage et est transmis à l’être humain par les piqûres répétées de simulies infectées qui se reproduisent dans les cours d’eau à débit rapide. En effet, cette maladie qui rend aveugle, se manifeste par de très fortes démangeaisons ; une atteinte cutanée qui provoque un défigurement et une déficience visuelle pouvant aller jusqu’à la cécité. La lutte contre le mal préoccupe les autorités béninoises.
Au Bénin, le Ministère de la santé à travers le Programme national de lutte contre les maladies transmissibles et en collaboration avec ses partenaires, initie une campagne de traitement de masse par la distribution de médicament. Cette campagne couvre cinquante-et-une communes endémiques à la maladie et dure dix jours. Que comprendre d’une telle initiative ? A cet effet, la chaine privée béninoise Radio Sêdohoun reçoit dans le Grand Direct (11H45 GMT) de ce mardi 1er avril 2025, le Médecin-Chef de la commune de Toffo dans le département de l’Atlantique au Bénin, Dr S. Cédric MEHOU. Celui-ci a expliqué que l’onchocercose est une maladie vraiment handicapante ; une maladie des yeux et de la peau.
En effet, les symptômes du mal sont dus aux microfilaires qui se déplacent dans les tissus sous-cutanés et provoquent de violentes réactions inflammatoires lorsqu’ils meurent. Les personnes infectées ressentent de fortes démangeaisons et présentent des lésions cutanées et oculaires qui peuvent entraîner une déficience visuelle et une cécité irréversible.
« C’est une maladie parasitaire peut toucher toute personne. », fait savoir Dr S. Cédric MEHOU. L’onchocercose se transmet à l’être humain par la piqûre d’une simulie infectée qui se reproduit dans les cours d’eau à débit rapide. A l’intérieur de la mouche, les microfilaires évoluent en larves infectieuses qui sont ensuite transmises à un autre être humain lors des piqûres ultérieures. Une fois à l’intérieur de l’hôte humain, les larves deviennent des vers adultes, formant des nodules sous la peau. Les simulies de leur côté, continuent de s’accoupler et de produire des microfilaires. A l’en croire, l’onchocercose fait partie des maladies tropicales négligées à cause de son important impact socio-économique. « C’est un grand problème de santé publique…», souligne-t-il.
Au Bénin, une campagne est lancée dans plusieurs communes. Le Médecin-Chef de la commune de Toffo dans le département de l’Atlantique au Bénin a indiqué que cela est instauré depuis quelques années dans plusieurs pays endémiques à cette maladie « si on s’en tient à la feuille de route de l’OMS. En ce qui concerne les maladies tropicales négligées, c’est que la feuille de route 2021-2030, c’est qu’il faut qu’on organise des campagnes de traitement de masse. C’est ce que le Bénin a commencé par faire notamment pour l’onchocercose… » Ladite campagne est ainsi organisée dans tous les départements sauf le littoral.
Les études ont déterminé l’endémicité de cette maladie dans les différentes zones. L’initiative a alors droit de cité et met en exergue, la nouvelle politique de santé communautaire. Les relais communautaires sillonnent de ménage en ménage pour la distribution du médicament. A cet effet, les acteurs communautaires et les élus à la base sont invités à s’y engager pour réussir la mobilisation sur le terrain. Les chefs de ménages se doivent également de réserver un chaleureux accueil aux relais communautaires.
Tirant leçon de la dynamique de l’Etat béninois dans cette lutte contre l’onchocercose, Dr S. Cédric MEHOU tire un enseignement majeur. Pour lui, « le Bénin est dans la droite ligne de l’élimination de cette maladie tel que prévu par la feuille de route de l’OMS pour les maladies tropicales négligées ».
Sidoine AHONONGA