« Le mouvement syndical africain doit s’ajuster », dit le Secrétaire Général de la Confédération Générale des Travailleurs du Bénin (CGTB), Moudassirou BACHABI

"Le mouvement syndical africain doit s’ajuster", dit le Secrétaire Général de la Confédération Générale des Travailleurs du Bénin (CGTB), Moudassirou BACHABI

Le mouvement syndical béninois se situe dans le prolongement du mouvement syndical international en général et du mouvement syndical africain en particulier. Parmi les organisations syndicales existantes au Bénin figure la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB). Elle est née en 1993 des cendres de la Fédération nationale des syndicats de l’administration publique.

2ᵉ centrale née à la faveur du renouveau démocratique de 1990, la CGTB compte en son sein plusieurs fédérations. En effet, le rôle traditionnel des syndicats est de contribuer à améliorer les conditions de vie et de travail de leurs affiliés, d’assurer la sécurité sur les lieux du travail, de protéger l’emploi et la sécurité des revenus. Les syndicats béninois en général et la CGTB en particulier accomplissent cette obligation avec des résultats tout aussi variés. Le temps d’un programme de soixante minutes ce samedi 29 mars 2025, la chaine privée béninoise Radio Sêdohoun a reçu son secrétaire général Moudassirou BACHABI. Invité sur ‘’Sans Détour’’ à situer l’opinion publique nationale et internationale sur les grands faits marquants de l’actualité béninoise, ce responsable syndical s’est exprimé sans langue de bois.

En 2026, les citoyens seront aux urnes dans le cadre des élections générales. Participer à l’organisation des élections est un devoir civique qui peut être confié à tout citoyen. Quiconque accepte ce devoir ne peut s’y dérober, sous peine de sanctions, sauf cas de force majeure. Les regards sont tournés vers ses échéances. A quelques mois de ce rubicond au Bénin, l’actualité sociopolitique est dominée par des événements politiques et judiciaires majeurs, parmi lesquels figurent le code électoral agité par certains, la question d’un 3è mandat, le dossier d’atteinte à la sureté de l’Etat etc. Dans un argumentaire émaillé de faits et constats patents, il a exposé ses craintes et interpellé sur toute la ligne les consciences pour un dialogue permanent et inclusif dans un climat de paix, ce qui va davantage mettre en confiance l’ensemble des travailleurs qui constituent, selon ses dires, les potentiels producteurs de richesses.

Des défis pour le syndicalisme continental !

Moudassirou BACHABI s’est également penché sur le syndicalisme au plan africain. Pour lui, des efforts ont été faits au plan continental. « On est passé de deux blocs au niveau mondial, on est revenu à un bloc, et puis au niveau continental aussi, on est presque à un bloc, même s’il y a quelques soubresauts de nostalgie qui continuent de persister dans la démarche. » Donc, ce qui reste, c’est que le mouvement syndical africain doit s’ajuster. Il doit s’ajuster en tenant compte des défis, parce qu’aujourd’hui, nous avons un peu partout en Afrique une démocratie à géométrie variable, une notion assez étriquée de la souveraineté du peuple. Nous avons un certain nombre d’éléments de défis qui nous interpellent en tant qu’organisation de défense des droits de l’homme, parce que c’est cela aussi, le mouvement syndical, en tant qu’organisation éprise de paix et de liberté. « Donc, il y a beaucoup de défis qui nous obligent à nous réajuster pour regarder un peu à quoi ressemble la gouvernance politique de nos pays. »

Le secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB) a expliqué que le syndicat est autrement perçu par certains gouvernants. C’est un chemin de croix qui continue malheureusement, fait-il savoir. « Il est évident qu’on ne peut pas construire un mouvement syndical fort sans des heurts avec les chapelles politiques. » « Les différentes gouvernances ont un impact sur le mouvement syndical parce qu’ il y en a qui pensent que le syndicat, c’est l’empêcheur de tourner en rond ; il y en a qui pensent que le syndicat, c’est l’emmerdeur de tout le temps ; il y en a qui pensent que le dialogue que prône le syndicat n’est pas utile pour construire un pays… »

À quand la retraite syndicale du SG de la CGTB ?

Selon Moudassirou BACHABI, le tablier sera déposé à l’issue de son second mandat, qui s’achève en décembre 2026. « Je ne crois pas qu’un syndicaliste prenne sa retraite, parce qu’un syndicaliste, c’est un militant, et le militantisme ne s’éteint pas parce qu’on n’est pas aux commandes. » La Confédération générale des travailleurs du Bénin, dans ses textes assez démocratiques, n’a pas prévu la limitation de mandat. Mais, pour ce qui me concerne, à titre personnel en tant que BACHABI, je n’ai pas l’intention de faire même une seconde de plus à l’issue de mon second mandat. J’ai eu mon premier mandat en 2016. Je suis en train d’égrener mon second mandat qui juridiquement prend fin en décembre 2026. Plaise à Dieu que j’aie ce plaisir de me retirer à bonne date et que je puisse passer le relais à quelqu’un d’autre. De toutes les façons, c’est clair dans ma tête que, pour moi, l’action syndicale, il faut vraiment servir, et quand vous avez servi à un niveau, vous devez vous retirer pour permettre aux autres d’aller ; se retirer du leadership syndical, mais également rester dans une posture qui permette d’accompagner les uns et les autres dans ce qui va se faire et s’essayer sur d’autres fronts. »

Notons que Moudassirou BACHABI a remplacé au secrétariat général Pascal TODJINOU lors des élections du jeudi 22 décembre 2016 au 3ᵉ congrès de la confédération. Il sera par la suite réélu pour un second mandat à la tête de cette organisation syndicale.

Sidoine AHONONGA

Société