Edito : les banques burkinabè seront-elles dévalisées par Ibrahim Traoré ?

Edito : les banques burkinabè seront-elles dévalisées par Ibrahim Traoré ?

Ils sont de plus en plus nombreux, les Burkinabè, qui ont opté pour soustraire leur épargne des caisses des banques du pays pour éviter que la junte au pouvoir confisque leur argent ou applique une honteuse ponction financière à tous azimuts.

En effet, c’est une épée de Damoclès qui plane désormais sur les patrons des banques du pays. Le chef de la junte, Ibrahim Traoré, demande aux institutions bancaires de remettre plusieurs milliards de CFA à l’État, soit 25 % des dépôts à terme souscrits par les sociétés publiques, afin de permettre le paiement de la dette intérieure.

Face à l’hésitation de certaines banques, le capitaine Traoré a haussé le ton, menaçant d’employer des méthodes en cas de résistance.

Des experts du secteur bancaire estiment qu’un compromis peut être trouvé sans mettre en péril la stabilité financière du pays. Il faut, en revanche, noter que de nombreux Burkinabè ont, depuis le putsch militaire et la radicalisation des tenants du pouvoir, décidé de thésauriser leur fric sous le matelas.

D’autres sont sortis du Burkina par la route avec de très grosses liquidités pour se mettre à l’abri.

La saugrenue idée selon laquelle il faut récupérer une partie des ressources publiques placées en banque pour faire face aux priorités économiques du pays divise fortement les Burkinabè. Ceux-ci estiment que ces impératifs de souveraineté financière ne feront que détruire le tissu bancaire du pays.

Après le carburant, les boissons alcoolisées et le tabac, les taxes sur la téléphonie et les abonnements de télévisions privées. Le gouvernement entend donc mobiliser de nouvelles ressources en piétinant toute orthodoxie financière qui régit le fonctionnement des banques. Toute chose qui pourrait aggraver la fuite massive des capitaux dans ce pays confronté depuis plus de dix ans à l’insécurité, à la privation de liberté de toutes les voix dissonantes.

Au-delà des arrestations arbitraires, des disparitions et des exécutions sommaires, le pouvoir militaire s’attaque à la presse.

Ce lundi (24.03.25), deux journalistes burkinabè ont été arrêtés à Ouagadougou et emmenés vers une destination inconnue, après avoir dénoncé des atteintes à la liberté d’expression dans ce pays sahélien dirigé par une junte militaire qui réprime les voix dissidentes.

Papa Barry

Economie