« La francophonie n’exclut pas le développement des autres langues », dit l’ancien Directeur du Bureau Régional/Afrique de l’Ouest de la Francophonie, Dr Eric ADJA

« La francophonie n’exclut pas le développement des autres langues », dit l'ancien Directeur du Bureau Régional/Afrique de l'Ouest de la Francophonie, Dr Eric ADJA

Chaque année, à la date du 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie est célébrée dans les pays francophones mais aussi dans ceux où la langue française est moins répandue. En effet, le principe de diversité culturelle et linguistique, cher à l’espace francophone, est aujourd’hui questionné par l’impact du numérique.

Des millions de francophones peuplent le monde. Ce sont autant de personnes en quête de contenus sur internet en langue française. Mais, quel contenu réel faut-il donner à la francophonie ? A cet effet, la chaine privée béninoise Radio Sêdohoun a reçu dans le Grand Direct (11H 45 GMT) de ce vendredi 21 mars 2025, le Président de l’Agence Francophone de l’Intelligence Artificielle (AFRIA), ancien Directeur du Bureau Régional/Afrique de l’Ouest de la Francophonie Dr Eric ADJA. Dans ses explications, celui-ci a souligné les enjeux de la francophonie et l’importance de la langue française.

A en croire Dr Eric ADJA, la francophonie est d’abord un concept qui consiste à réunir les pays dont la langue française est une langue de travail, une langue officielle ou une des langues d’expression. Donc, « il s’agit d’un espace de coopération linguistique, culturelle et économique pour permettre aux pays membres de pouvoir exprimer des valeurs de partage, de solidarité, de coopération autour d’une langue commune qui est la langue française mais aussi des langues associées. La francophonie n’exclut pas le développement des autres langues. Il s’agit de promouvoir la diversité linguistique et culturelle comme reconnue par l’UNESCO… »

« La langue française est un outil de communication, bien vrai, héritée de la colonisation mais pour être pragmatique, c’est devenu comme un héritage, ce que beaucoup de Chefs d’Etat ont compris dans les années 60 aux indépendances pour pouvoir faire de la langue française, un héritage à fructifier pour pouvoir justement converser avec les autres pays tout en développant bien sûr leurs langues nationales. C’est pourquoi, il y a eu une Agence de Coopération Culturelle et Technique créée le 20 Mars 1970 à Niamey au Niger et c’est cette Agence de Coopération Culturelle et Technique fondée par le président Abdou DIOUF du Sénégal… »

Ainsi, le 20 Mars 1970 à Niamey au Niger, marquait la naissance de l’Agence de coopération culturelle et technique. Cela deviendra plus tard, l’Organisation internationale de la Francophonie. A l’occasion de cette journée, l’OIF mobilise ses partenaires et les forces vives de l’espace francophone pour rappeler cet enjeu crucial pour l’avenir de notre langue. Mieux, la langue française est plus parlée en Afrique qu’ailleurs. La République démocratique du Congo est réputée comme le pays dans lequel le français est le plus parlé. « On parle plus le français à Kinshasa au Congo que à Paris », fait-il savoir au regard de certaines statistiques.

Le Président de l’Agence Francophone de l’Intelligence Artificielle (AFRIA), ancien Directeur du Bureau Régional/Afrique de l’Ouest de la Francophonie précise qu’il y a eu trois temps de la francophonie. Il s’agit de la francophonie culturelle, des droits de l’homme avec la déclaration de Bamako qui a aidé beaucoup de pays dans leur processus de démocratisation et celle numérique. La stratégie numérique, dit-il, consiste à aider les pays à développer leurs contenus numériques en français et aujourd’hui, la francophonie économique pour créer des liens entre les chambres de commerce, entre les entreprises francophones dans le monde.

Dr Eric ADJA ira plus loin dans son développement pour mettre l’accent sur la diversité linguistique et culturelle qui a beaucoup de chemins à faire. Selon lui, « on ne peut pas tout attendre de l’OIF ou de l’extérieur. Ce sont aussi nos pays qui peuvent aussi mettre en œuvre des programmes de développement que l’OIF pourrait appuyer selon ses ressources. La francophonie ne donne qu’un appui. La francophonie n’est pas un Etat. »

Une francophonie inclusive, c’est ce qui doit davantage préoccuper les uns et les autres. Tout en rappelant les enjeux cruciaux de l’heure, Dr Eric ADJA fait une mise au point : « La langue française ne doit être une langue d’exclusion… »

Sidoine AHONONGA

Coopération