Le dernier rapport de l’organisation Human Rights Watch (HRW) publié mi-octobre 2026 vient jeter une lumière crue sur la tragédie quotidienne que traverse le Mali.
Entre les exécutions sommaires de soldats perpétrées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et les bavures meurtrières imputées aux forces armées maliennes et à leurs supplétifs russes contre des civils, le pays s’enfonce inexorablement dans un cycle de violences incontrôlables. Une situation dramatique qui souligne, de la manière la plus tragique qui soit, la faillite totale de la junte militaire au pouvoir.
La terreur djihadiste et l’abandon des troupes sur le terrain
Les révélations de HRW confirment l’horreur des exécutions ciblées de militaires maliens par les insurgés du JNIM. Des dizaines de soldats, capturés après des affrontements, ont été froidement assassinés, parfois après avoir été torturés. Ces images insoutenables et ces bilans macabres mettent en lumière la vulnérabilité dramatique d’une armée nationale laissée en première ligne sans une stratégie de protection et de soutien logistique adéquate.
Pour les familles des soldats, c’est le double deuil : celui de la perte d’un proche, mais aussi le sentiment amer d’un abandon par l’État-major et par les autorités de transition, incapables de garantir la sécurité de ceux-là mêmes qu’ils somment de défendre le territoire.
La répression aveugle : quand l’armée se trompe de cible
Mais le rapport de HRW met également en cause les méthodes expéditives et criminelles de l’armée malienne et de ses alliés paramilitaires. Frappes de drones aveugles touchant des marchés, destruction d’infrastructures sanitaires civiles, et exactions commises dans les régions du centre et du nord transforment les populations civiles en de véritables cibles.
Au lieu de restaurer l’autorité de l’État et de protéger les citoyens, la stratégie de la terre brûlée et des représailles collectives ne fait qu’alimenter le ressentiment des populations locales. En semant la terreur parmi les civils qu’elle est censée protéger, la hiérarchie militaire pousse davantage de citoyens vers le désespoir, offrant sur un plateau de nouveaux viviers de recrutement aux groupes armés terroristes.
La faillite d’une junte aux abois
Depuis sa prise de pouvoir, la junte militaire a fait de la souveraineté retrouvée et de la “victoire totale” contre le terrorisme son unique mantra et sa seule source de légitimité. Or, les faits sont têtus et le constat dressé par les défenseurs des droits humains est implacable : la situation sécuritaire n’a cessé de se dégrader.
En privilégiant la communication politique de façade, la répression des voix discordantes à Bamako et le recours à des mercenaires étrangers au détriment d’une vision stratégique globale, les dirigeants de la transition ont conduit le pays dans une impasse absolue. Le Mali est aujourd’hui pris en étau entre la barbarie des insurgés islamistes et la dérive répressive de ses propres forces armées.
La fuite en avant de la junte ne mène nulle part, si ce n’est à l’effondrement progressif du pacte républicain et à l’isolement du pays. Face à ce drame humanitaire et sécuritaire sans fin, le constat est amer mais clair : le pouvoir en place a échoué à protéger le peuple malien. L’impunité des auteurs de crimes de guerre, qu’ils soient terroristes ou étatiques, ne fait qu’accélérer la chute d’un pays qui crie, chaque jour un peu plus fort, sa détresse et son besoin urgent de paix et de justice.







