Le dernier drame survenu dans la région de Ménaka, dans le nord-est du Mali, où une quarantaine de civils ont été lâchement abattus par des hommes armés, constitue un nouveau rappel tragique de la détérioration continue de la situation sécuritaire dans le pays.
Au-delà de l’horreur de ce éниème massacre, cet événement met en relief les failles profondes, structurelles et politiques du régime militaire en place à Bamako.
Depuis leur prise de pouvoir par la force, les colonels au pouvoir ont fait de la promesse de sécurité et de la reconquête territoriale l’alpha et l’oméga de leur légitimité. Pourtant, le bilan sur le terrain est accablant et révèle de graves défaillances
L’échec de la promesse sécuritaire et la vulnérabilité des civils
La mission première d’un État est de protéger ses populations, quelles que soient les régions. À Ménaka comme dans de nombreuses zones du nord et du centre, les civils sont laissés à la merci de groupes armés qui font régner la terreur en toute impunité. Les promesses martiales de la transition se heurtent à une dure réalité : l’incapacité manifeste de l’armée à sécuriser durablement les populations et à anticiper les attaques contre les communautés les plus exposées.
Le fossé entre la propagande et la réalité du terrain
La junte s’est enfermée dans une communication axée sur l’autosatisfaction, la censure de toute voix critique et la mise en scène d’une souveraineté retrouvée. Cependant, le quotidien des Maliens est fait de deuils, de déplacements forcés et d’insécurité généralisée. Le contraste est saisissant entre la rhétorique triomphaliste de Bamako et le sang qui continue de couler chaque jour dans les zones rurales.
L’absence de redevabilité et la fuite en avant
Face aux drames répétés, la réponse des autorités se résume trop souvent au silence, au déni ou à des communiqués laconiques qui ne trompent plus personne. En privilégiant la répression des libertés politiques et civiles à l’intérieur plutôt que l’efficacité opérationnelle contre les véritables ennemis de la nation, le pouvoir en place démontre ses priorités : la préservation du régime prime sur la protection des citoyens.
Vers une impasse politique et humanitaire
Le drame de Ménaka rappelle que le recours aux armes pour confisquer le pouvoir ne dote aucunement un régime de la compétence nécessaire pour gouverner et protéger. En s’enfermant dans l’autoritarisme et l’échec tactique, la junte précipite le pays dans une impasse totale.
Les Maliens, qui paient le plus lourd tribut de cette instabilité, méritent des dirigeants capables d’assumer leurs responsabilités régaliennes avec transparence, efficacité et respect des droits humains, loin des discours de façade et des promesses non tenues.







