L’affaire du journaliste nigérien Moussa Kaka, une figure emblématique de la presse sahélienne et correspondant historique de médias internationaux, vient à nouveau d’être portée au cœur des débats lors de la réunion de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) à Dakar.
Disparu à la fin de l’été avant que les autorités locales ne finissent par admettre sa détention, son sort illustre le climat délétère et d’insécurité grandissante auquel font face les professionnels de l’information.
Des disparitions forcées et un arbitraire inquiétant
Pendant des semaines, les proches et les confrères de Moussa Kaka sont restés sans la moindre nouvelle. La mise au secret de journalistes, qualifiée de disparition forcée par les défenseurs des droits humains et les syndicats de la presse, constitue une violation flagrante des principes fondamentaux du droit international et africain. Détenir un reporter dans un lieu inconnu, sans accès à sa famille ni à son conseil juridictionnel, ne relève pas de l’application de la justice, mais de la dérive autoritaire.
La liberté de la presse, garante indispensable de la démocratie
Dans des régions traversées par des crises sécuritaires et politiques complexes, le rôle des journalistes indépendants est plus que jamais vital. Informer le public de manière objective ne constitue pas une menace ou un acte de sédition, mais un devoir civique indispensable à l’équilibre social et à la transparence des pouvoirs publiques. Lorsque la presse est réduite au silence, ce sont toutes les autres libertés publiques qui s’effondrent par effet de domino.
Une mobilisation africaine et internationale essentielle
Devant les instances continentales à Dakar, la société civile et les organisations de défense de la presse rappellent que l’unité continentale ne peut se construire sur le déni des droits humains de base. L’obligation de protéger les journalistes, d’assurer leur sécurité et de garantir des procédures judiciaires équitables et transparentes est un impératif pour l’ensemble des gouvernements.
La libération immédiate des professionnels de santé et des journalistes retenus de manière opaque, ainsi que le respect effectif du pluralisme de l’information, constituent des conditions indispensables pour préserver la dignité et la liberté des peuples.







