Près d’un an après l’arrestation de deux pilotes américains à Conakry, une enquête de Africa Intelligence relance les interrogations sur les véritables circonstances de cette affaire. Au cœur des questions soulevées figure un renseignement transmis par la Drug Enforcement Administration (DEA), l’agence antidrogue américaine, dont le rôle exact reste encore flou.
Le 30 décembre 2025, Bradley Scott Schlenker et Fabio Nicolas Espinal Nunez sont interpellés à leur arrivée à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry. Les deux hommes pilotent alors un jet privé en provenance du Suriname et à destination de Dubaï, avec à son bord une famille brésilienne. Selon leur version, l’escale en Guinée n’avait pour objectif qu’un ravitaillement technique en carburant.
Les autorités guinéennes avancent une tout autre lecture des faits. Elles accusent l’équipage d’avoir pénétré l’espace aérien national et atterri sans les autorisations nécessaires. Les deux pilotes sont poursuivis pour violation de l’espace aérien guinéen, atterrissage non autorisé et atteinte à la défense nationale.
L’affaire prend rapidement une dimension diplomatique. Détenus plusieurs semaines à la Maison centrale de Conakry, les deux Américains contestent les accusations et affirment avoir été en contact permanent avec les services de contrôle aérien guinéens durant leur vol. Leurs proches dénoncent alors une procédure incompréhensible et réclament l’intervention de Washington.
Après plusieurs mois de procédure, les deux pilotes obtiennent une libération sous caution en mars 2026, tout en restant soumis à des restrictions de déplacement avant de pouvoir finalement rentrer aux États-Unis. Le Département d’État américain assure alors suivre le dossier de près et fournir une assistance consulaire aux deux ressortissants.
Mais c’est aujourd’hui l’origine même de leur arrestation qui interroge. Selon les révélations d’Africa Intelligence, un renseignement fourni par la DEA pourrait avoir joué un rôle déterminant dans la décision des autorités guinéennes d’immobiliser l’appareil et d’interpeller son équipage. L’enquête souligne que l’agence américaine est particulièrement active en Afrique de l’Ouest, région considérée comme un axe stratégique dans la lutte contre les trafics internationaux.
Aucune autorité n’a toutefois précisé la nature de ce renseignement ni expliqué ce qui a motivé une mobilisation aussi importante autour de ce vol privé. Cette absence d’explications nourrit les spéculations et entretient les nombreuses zones d’ombre qui entourent encore l’affaire.
Près de dix mois après les faits, plusieurs questions demeurent sans réponse. Les autorités guinéennes ont-elles agi sur la seule base d’une infraction administrative présumée ou disposaient-elles d’informations plus sensibles transmises par des partenaires étrangers ? À ce stade, ni la DEA ni les autorités concernées n’ont publiquement clarifié leur rôle dans ce dossier, laissant entière la part de mystère qui entoure l’arrestation des deux pilotes américains à Conakry.







