La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) pourrait, à terme, réduire progressivement sa présence dans le pays. Dans un récent rapport présenté au Conseil de sécurité, l’ONU évoque les conditions d’un futur désengagement, tout en soulignant que le contexte sécuritaire reste encore trop fragile pour envisager un retrait rapide.
Depuis plusieurs années, la situation en Centrafrique s’est nettement améliorée. L’achèvement du cycle électoral, l’installation de nouvelles institutions et le recul des grandes offensives rebelles témoignent d’avancées importantes sur le plan politique et sécuritaire. Valentine Rugwabiza, cheffe de la Minusca, a d’ailleurs salué devant le Conseil de sécurité des « progrès remarquables et tangibles vers une paix et une sécurité durables ».
Ces évolutions poussent les Nations unies à réfléchir à une transition graduelle des responsabilités vers les autorités centrafricaines. Le scénario envisagé repose notamment sur le renforcement des forces de défense et de sécurité nationales, la consolidation de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et la poursuite des programmes de désarmement des groupes armés.
L’ONU reste toutefois prudente. Plusieurs foyers d’instabilité continuent de menacer les acquis enregistrés ces dernières années. Dans le nord-est du pays, les effets de la guerre au Soudan alimentent l’insécurité à travers des incursions armées et des mouvements de populations. Dans le sud-est, certains groupes armés poursuivent leurs attaques contre les civils.
Cette prudence se reflète également dans la position du Conseil de sécurité. En novembre 2025, celui-ci a renouvelé le mandat de la Minusca jusqu’au 15 novembre 2026, tout en indiquant que toute éventuelle réduction de ses effectifs dépendrait des progrès réalisés sur les plans politique et sécuritaire. [peacekeeping.un.org]
Créée en 2014, la Minusca demeure aujourd’hui un acteur essentiel de la protection des civils et de la stabilisation de la Centrafrique. Si l’ONU commence à esquisser les contours de l’après-Minusca, le message reste clair : aucun désengagement significatif ne pourra intervenir tant que les autorités nationales ne seront pas en mesure d’assurer durablement la sécurité du pays.
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