Ancien Premier ministre, opposant de premier plan et technocrate passé par la Côte d’Ivoire, Sidya Touré est décédé le 25 septembre à Paris, à 81 ans. Sa disparition prive la Guinée de l’une des figures les plus constantes de sa scène politique depuis les années 1990.
Sidya Touré s’est éteint loin de Conakry. L’ancien chef du gouvernement guinéen est mort à l’Hôpital américain de Paris des suites d’une maladie, selon Guinéenews, qui cite des sources familiales. Hospitalisé depuis près de deux semaines, il était auparavant malade à Abidjan depuis plusieurs mois.
Sa disparition clôt un parcours politique singulier, construit entre Abidjan et Conakry. Avant de revenir en Guinée, Sidya Touré avait fait carrière dans l’administration ivoirienne et notamment occupé les fonctions de directeur de cabinet d’Alassane Ouattara, alors Premier ministre de Côte d’Ivoire.
En juillet 1996, Lansana Conté le nomme Premier ministre. Il dirige le gouvernement jusqu’en mars 1999, dans une période marquée par de fortes difficultés économiques et sociales. Son passage à la Primature sera notamment associé au redressement des finances publiques et à la réorganisation de l’administration. Touré bascule durablement dans l’opposition. À la tête de l’Union des Forces Républicaines (UFR), il participe aux présidentielles de 2010 et 2015. Il retrouve néanmoins les institutions sous Alpha Condé, dont il devient Haut représentant entre 2016 et 2018.
Installé à l’étranger depuis 2022, il voit finalement son parti, l’UFR, être dissous en mars 2026 avec plusieurs autres formations politiques.
La mort de Sidya Touré fait ainsi disparaître un acteur de trois décennies de politique guinéenne, passé de la technocratie au pouvoir, puis du pouvoir à l’opposition. Un itinéraire qui, à lui seul, raconte une partie des recompositions politiques de la Guinée contemporaine.







