Le président guinéen Mamadi Doumbouya a haussé le ton à l’égard de son gouvernement en édictant cinq exigences qu’il qualifie de « non négociables ». À l’occasion du cinquième anniversaire de sa prise de pouvoir, le chef de l’État entend accélérer la mise en œuvre de son programme de développement « Simandou 2040 » et impose désormais une culture du résultat à son équipe gouvernementale.
Lors du Conseil des ministres du 3 septembre, dont les conclusions ont été rendues publiques cette semaine, Mamadi Doumbouya a rappelé que la « Refondation » qu’il a promise aux Guinéens devait se traduire par des réalisations concrètes et non par de simples annonces. « La Refondation n’est pas un slogan », a-t-il insisté, présentant le programme Simandou 2040 comme un projet national destiné à transformer durablement l’économie du pays.
Parmi les principales directives présidentielles figure la discipline dans l’exécution des projets publics. Chaque ministère devra désormais transmettre un tableau de bord mensuel détaillant l’état d’avancement physique et financier des projets relevant de son portefeuille. Les performances seront examinées régulièrement en Conseil des ministres.
La deuxième ligne rouge concerne la gestion des finances publiques. Le président a averti qu’il ne tolérerait ni gaspillage, ni dépenses de prestige, ni marchés attribués en dehors des procédures établies. Selon lui, chaque franc guinéen investi doit produire des résultats visibles et mesurables pour la population.
Mamadi Doumbouya a également mis l’accent sur la qualité des investissements publics. Dorénavant, aucun projet ne pourra être financé sans étude de faisabilité, cadre juridique sécurisé et plan de maintenance. Cette exigence vise à éviter la multiplication d’infrastructures difficilement entretenues après leur inauguration.
Le chef de l’État a par ailleurs insisté sur le contenu local et l’emploi des Guinéens, demandant que les grands investissements servent davantage à former et à recruter la main-d’œuvre nationale. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie de valorisation des retombées économiques du mégaprojet minier de Simandou.
Enfin, le président a adressé un message sans équivoque à ses ministres : ils doivent quitter leurs bureaux pour être davantage présents sur le terrain. « Un ministre ne gouverne pas depuis son bureau », a-t-il déclaré, les invitant à multiplier les déplacements dans les préfectures, sous-préfectures et villages afin de suivre directement les projets et de rester en contact avec les réalités des populations.
Cette mise au point présidentielle intervient dans un contexte où les attentes de la population restent fortes concernant les bénéfices économiques promis par les grands projets d’infrastructures et miniers. En fixant ces exigences, Mamadi Doumbouya cherche à renforcer la redevabilité de son gouvernement et à faire de l’efficacité administrative un marqueur central de son action politique.







