Le régime militaire au pouvoir au Niger a affirmé samedi avoir « repris progressivement le contrôle » de la situation après plusieurs heures d’échanges de tirs autour de sites jugés sensibles de la capitale, Niamey. Les affrontements ont opposé les forces de sécurité à un groupe de soldats mutinés, désormais retranchés sur la base militaire 101, attenante à l’aéroport international.
Dans un communiqué lu à la télévision publique, le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody, a indiqué qu’« un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire » avait séquestré certains de leurs camarades avant de mener des tirs contre plusieurs sites stratégiques de la capitale. Selon lui, l’intervention rapide des forces de défense et de sécurité a permis de contenir le mouvement et de reprendre progressivement le contrôle de la situation.
Les circonstances exactes de ces événements demeurent toutefois floues. Les autorités n’ont pas précisé si elles considéraient ces actions comme une simple mutinerie ou comme une tentative de coup d’État. Les revendications des soldats impliqués restent également inconnues.
Selon plusieurs sources sécuritaires et diplomatiques, les mutins se seraient repliés sur la base aérienne de Niamey, située dans l’enceinte de l’aéroport international. Cette installation stratégique abrite notamment des infrastructures militaires importantes ainsi que le quartier général des partenaires russes du Niger regroupés au sein d’Africa Corps.
Durant la nuit et une partie de la matinée, des habitants de Niamey ont rapporté de fortes détonations et des échanges de tirs dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment aux abords de l’aéroport et de la présidence. L’accès à certains secteurs a été bouclé par un important dispositif militaire. Le signal de la télévision nationale a également été interrompu pendant plus d’une heure avant d’être rétabli.
Selon des sources sécuritaires citées par plusieurs médias, des militaires insurgés auraient tenté de pénétrer dans le palais présidentiel avant d’être repoussés par la garde présidentielle, demeurée fidèle au général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire depuis le coup d’État de juillet 2023.
En fin de matinée, plusieurs habitants faisaient état d’un retour au calme dans la capitale. Les autorités ont appelé la population à poursuivre ses activités normalement, tandis que des soutiens du régime ont lancé un appel à manifester en faveur du pouvoir.
Ces événements interviennent dans un contexte sécuritaire déjà tendu au Niger, confronté depuis plusieurs années aux violences jihadistes. Depuis son arrivée au pouvoir, la junte dirigée par le général Tiani a renforcé ses liens avec le Burkina Faso et le Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) et s’est rapprochée de la Russie, tout en rompant avec son ancien partenaire sécuritaire français.







