Le gouvernement burkinabè a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de son contrôle sur le secteur culturel en suspendant 18 manifestations festives et récréatives prévues dans plusieurs villes du pays. Les autorités justifient cette décision par la nécessité de protéger les bonnes mœurs, l’ordre public et les mineurs.
Parmi les événements visés figurent Golden Moment, Urban Vibes, Ouaga Summer, All White Party, Tropical Summer ou encore Ouaga Show Piscine Party, des rendez-vous principalement destinés à un public jeune pendant la période des vacances.
Selon le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, ces manifestations seraient incompatibles avec les valeurs culturelles promues par les autorités actuelles et pourraient porter atteinte à la moralité publique.
Cette mesure s’inscrit dans une politique plus large d’« assainissement » du secteur culturel. Depuis plusieurs mois, les autorités multiplient les contrôles et les restrictions visant certaines productions artistiques et manifestations publiques. La décision repose notamment sur la loi de 2025 relative au statut de l’artiste, qui interdit les activités jugées contraires aux bonnes mœurs et à l’ordre public.
Cependant, l’interdiction soulève des interrogations. Les autorités n’ont pas présenté publiquement d’éléments détaillés expliquant pourquoi chacun des 18 événements constituerait une menace particulière pour l’ordre public. Plusieurs observateurs relèvent ainsi que certaines manifestations, telles qu’Urban Vibes, associaient aux activités artistiques des actions de sensibilisation à la santé, à la sécurité routière ou à l’environnement.
Au-delà de la question morale, le débat porte désormais sur l’avenir de l’espace culturel burkinabè. Les promoteurs d’événements, les artistes et les professionnels du spectacle s’interrogent sur les nouvelles limites imposées à leurs activités, tandis que le gouvernement affirme vouloir réorienter l’offre culturelle vers des contenus davantage conformes aux valeurs nationales.
Cette confrontation entre impératifs de régulation et liberté de création pourrait devenir l’un des principaux sujets de débat culturel au Burkina Faso dans les mois à venir.







