Plus de deux ans après avoir quitté le pouvoir, Macky Sall s’apprête à retrouver le Sénégal. L’ancien président a annoncé qu’il se rendrait à Dakar vendredi pour rencontrer son successeur, Bassirou Diomaye Faye, une visite qui intervient alors qu’il mène campagne pour devenir le prochain secrétaire général des Nations unies.
Ce déplacement revêt une portée à la fois symbolique et politique. Depuis son départ de la présidence en avril 2024, M. Sall n’était pas revenu dans son pays. Surtout, sa candidature à la tête de l’ONU se heurte à un obstacle inhabituel : elle ne bénéficie pas du soutien explicite du Sénégal. Présentée par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine (UA), elle peine à faire consensus sur le continent. Fin mars, une vingtaine d’États africains, dont le Sénégal, avaient refusé d’apporter leur appui à l’ancien chef de l’État.
Dans un message publié sur Facebook, M. Sall a indiqué que cette visite s’inscrivait dans le cadre des consultations qu’il mène pour promouvoir sa candidature. Il a également remercié le président Faye pour l’entretien prévu, précisant qu’il quitterait Dakar immédiatement après la rencontre. La présidence sénégalaise n’avait pas confirmé officiellement la tenue de cet échange.
L’entrevue se déroulera dans un climat politique encore marqué par les controverses entourant les dernières années du mandat de M. Sall. Les autorités actuelles l’accusent d’avoir supervisé une répression sévère des manifestations de l’opposition entre 2021 et 2024, période durant laquelle plusieurs dizaines de personnes ont trouvé la mort.
Si une loi d’amnistie couvre les faits commis au cours de ces années, le pouvoir en place affirme vouloir établir les responsabilités et répondre aux attentes des victimes. En mars, un collectif se présentant comme victime de la répression s’était publiquement opposé à la candidature de M. Sall aux Nations unies, l’accusant de porter la responsabilité de « crimes de sang et économiques ».
L’ancien président rejette ces accusations. En avril, il avait même défié les nouvelles autorités d’abroger la loi d’amnistie, estimant qu’une enquête approfondie permettrait de déterminer les responsabilités de chacun.
Au-delà de son caractère protocolaire, la rencontre de vendredi pourrait constituer un test décisif pour les ambitions internationales de Macky Sall. Elle permettra de mesurer si Dakar est disposé à assouplir sa position à l’égard d’une candidature qui reste contestée sur la scène nationale, mais que son promoteur entend désormais porter sur la scène mondiale.







