Après quinze mois de tensions, le Mali et l’Algérie ont officiellement repris le chemin du dialogue avec le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture réciproque de leurs espaces aériens. Une normalisation qui marque un tournant majeur dans les relations entre les deux voisins sahéliens.
Ce rapprochement pourrait toutefois avoir des conséquences pour les opposants maliens installés en Algérie, notamment l’imam Mahmoud Dicko. Figure influente de la vie politique malienne, Dicko avait été au cœur des frictions entre Bamako et Alger après sa réception par le président Abdelmadjid Tebboune en 2023, un geste dénoncé à l’époque par les autorités maliennes comme une ingérence.
Avec le réchauffement diplomatique actuel, Alger pourrait adopter une attitude plus prudente vis-à-vis des activités politiques des opposants maliens présents sur son territoire. Certains observateurs évoquent même la possibilité que la question du retour de Mahmoud Dicko au Mali soit discutée dans le cadre du nouveau dialogue bilatéral.
Au-delà du cas Dicko, la reprise de la coopération pourrait également affecter certains groupes armés actifs dans le nord du Mali. Les deux pays partagent plus de 1 300 kilomètres de frontière et font face aux mêmes défis sécuritaires. Une coopération renforcée en matière de renseignement et de surveillance frontalière pourrait réduire les marges de manœuvre de plusieurs acteurs armés dans la région.
Plus qu’une victoire diplomatique de Bamako ou d’Alger, ce rapprochement apparaît avant tout comme un choix pragmatique dicté par les impératifs de sécurité et de stabilité dans un Sahel toujours confronté à de multiples défis.







