L’Union européenne a décidé de restreindre temporairement certaines facilités accordées aux ressortissants guinéens souhaitant obtenir un visa de court séjour dans l’espace Schengen. La décision, adoptée vendredi 10 juillet par le Conseil de l’Union européenne, sanctionne ce que Bruxelles considère comme une coopération insuffisante de la Guinée en matière de réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière sur le territoire européen.
Contrairement à certaines informations relayées sur les réseaux sociaux, il ne s’agit pas d’une suspension totale des visas pour les citoyens guinéens. Les demandes de visas continueront d’être examinées par les représentations consulaires des États membres, mais selon des conditions désormais plus strictes.
Selon le communiqué du Conseil, plusieurs mesures entreront en vigueur. Les États membres ne pourront plus accorder aussi facilement des visas à entrées multiples aux ressortissants guinéens. Les demandeurs devront également fournir davantage de pièces justificatives et les détenteurs de passeports diplomatiques ou de service ne bénéficieront plus de certaines exemptions de frais. Le délai normal de traitement des demandes de visa passera par ailleurs de 15 à 45 jours.
Pour Bruxelles, cette décision est directement liée aux difficultés rencontrées dans le retour des migrants guinéens faisant l’objet d’une mesure d’éloignement. L’Union européenne reproche aux autorités guinéennes un manque de coopération dans la délivrance des laissez-passer consulaires et dans l’organisation des opérations de réadmission.
Cette mesure n’arrive pas par surprise. Dès janvier dernier, l’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, avait publiquement averti que des restrictions sur les visas pourraient être envisagées si les progrès restaient insuffisants dans le domaine migratoire. Le diplomate avait alors indiqué qu’une proposition était déjà à l’étude au sein des institutions européennes.
L’Union européenne précise toutefois que ces restrictions ont un caractère temporaire et qu’elles pourront être levées si la coopération entre Conakry et Bruxelles s’améliore. La Commission européenne continuera d’évaluer la situation et d’apprécier les éventuels progrès réalisés par les autorités guinéennes en matière de réadmission.
La décision pourrait avoir des conséquences importantes pour les étudiants, les hommes d’affaires, les fonctionnaires et l’ensemble des voyageurs guinéens qui se rendent régulièrement en Europe. Si l’accès aux visas n’est pas fermé, les procédures s’annoncent désormais plus longues et plus contraignantes.
Pour les autorités guinéennes, ce nouveau différend avec Bruxelles intervient dans un contexte déjà sensible sur les questions migratoires et pourrait devenir un sujet majeur dans les discussions entre la Guinée et ses partenaires européens dans les prochains mois.







