Pendant une heure, le piège canadien a semblé se refermer sur le Maroc. Pendant une heure, les Lions de l’Atlas ont souffert, couru après le ballon et vacillé face à une équipe nord-américaine décomplexée et agressive dans le pressing. Mais les grandes équipes savent aussi gagner dans la douleur. Et samedi, le Maroc a trouvé son héros en la personne d’Azzedine Ounahi, auteur d’un doublé décisif pour envoyer les siens en quarts de finale (3-0).
Dès le coup d’envoi, les Canadiens ont imposé un défi physique intense. Plus tranchants dans les duels, plus rapides dans les transitions, ils ont bousculé des Marocains étonnamment fébriles. Les occasions se sont multipliées devant la surface de Yassine Bounou, contraint à plusieurs interventions importantes pour maintenir les siens à flot.
Longtemps étouffé au milieu de terrain, le Maroc a pourtant refusé de rompre. Petit à petit, l’équipe a retrouvé de la maîtrise et commencé à desserrer l’étau. Le tournant est intervenu peu après l’heure de jeu. Sur une action construite avec patience, Azzedine Ounahi a surgi à l’entrée de la surface pour ouvrir le score d’une frappe précise qui a fait basculer la rencontre.
Libérés, les Lions de l’Atlas ont alors retrouvé leur football. Plus fluides, plus inspirés, ils ont profité de l’obligation pour le Canada de se découvrir. Ounahi, encore lui, a porté le coup de grâce quelques minutes plus tard en signant un doublé plein de sang-froid. En fin de match, un troisième but est venu sceller définitivement le sort d’une rencontre dont le score final apparaît bien sévère pour des Canadiens longtemps à la hauteur de l’événement.
Le Maroc peut désormais rêver plus grand. Solides mentalement, capables de souffrir avant de frapper au moment juste, les demi-finalistes de 2022 poursuivent leur aventure mondiale avec ambition. Leur prochain défi s’annonce d’une tout autre dimension : un quart de finale face au vainqueur du choc entre la France et le Paraguay.
Portés par un Ounahi de gala et par une génération qui n’en finit plus de repousser les limites, les Lions de l’Atlas avancent encore. Et dans un Mondial où les certitudes tombent les unes après les autres, le Maroc continue d’écrire sa propre légende.







