Le ton monte autour du processus électoral en cours en Guinée. Dans une déclaration publiée mercredi 3 juin à Conakry, le Bloc Libéral dit observer de « graves violations » du Code électoral et estime que plusieurs pratiques signalées sur le terrain fragilisent déjà la crédibilité du scrutin.
Le parti de Faya Millimono, affirme avoir reçu des remontées d’informations provenant de plusieurs préfectures et communes du pays faisant état d’irrégularités dans les opérations de vote, de dépouillement et de centralisation des résultats.
Selon la formation politique, dans certaines localités, des urnes seraient transférées vers des centres de centralisation avant même que le dépouillement ne soit effectué sur place, comme le prévoit pourtant le Code électoral.
Pour le parti, cette pratique pose un problème de fond : elle empêcherait les représentants des candidats, les observateurs et parfois même les électeurs de vérifier publiquement comment les suffrages ont été comptabilisés.
« Lorsque les urnes quittent les bureaux de vote sans dépouillement public, il devient impossible de s’assurer que les résultats proclamés correspondent réellement aux votes exprimés », soutient le Bloc Libéral dans sa déclaration.
Le parti affirme également que, dans plusieurs endroits, des représentants politiques auraient été empêchés d’assister aux opérations ou n’auraient pas eu accès à certains documents électoraux, notamment les procès-verbaux et les feuilles de dépouillement, pourtant essentiels pour vérifier les résultats bureau par bureau.
Dans cette sortie, le BL invoque plusieurs dispositions du Code électoral notamment les articles 89, 90, 91, 110 et 290 qui imposent, selon lui, un dépouillement public dans chaque bureau de vote, l’établissement et l’affichage des procès-verbaux, ainsi que la participation des représentants des candidats aux différentes étapes du processus.
Estimant que ces garanties sont aujourd’hui « bafouées », le parti demande notamment la suspension des opérations de centralisation contestées, l’accès aux documents électoraux, la présence effective des représentants des partis tout au long du processus et l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les cas signalés.
Au-delà de l’aspect juridique, le Bloc Libéral dit craindre un impact politique plus large. Selon lui, le manque de transparence autour du dépouillement risque d’alimenter la méfiance et de fragiliser davantage la confiance des citoyens dans les résultats du scrutin.







