La crise de liquidité continue de faire souffrir de nombreux citoyens à Conakry. Deux jours après la fête de Tabaski, plusieurs salariés ont encore passé des heures devant les banques et points de retrait dans l’espoir d’obtenir une partie de leurs revenus.
À Enco 5, dans la commune de Matoto, la tension et la fatigue étaient visibles ce matin sur les visages des usagers. Parmi eux, Abdul Ben Dayane Bayo, enseignant-chercheur, dénonce une situation devenue insupportable depuis près d’un an.
Au micro du média panafricain Les Nouvelles d’Afrique, il raconte le quotidien difficile imposé par cette crise persistante.
« Depuis 6h du matin, nous sommes là et c’est un calvaire qui dure depuis près d’un an. C’est une souffrance physique et morale », confie-t-il.
Comme plusieurs autres citoyens, il affirme que les difficultés d’accès à l’argent empêchent certaines familles de couvrir leurs besoins essentiels.
« Le salaire, c’est notre survie. Nos familles dépendent de cet argent. Beaucoup d’entre nous n’ont même pas bien fêté la Tabaski parce que nous ne sommes pas entrés en possession de notre salaire », regrette l’enseignant-chercheur.
Très remonté contre cette situation, Abdul Ben Dayane Bayo estime que les citoyens sont contraints d’exposer publiquement leur misère pour récupérer leur propre argent.
« Chaque fin du mois, nous venons nous exposer ici de cette façon. Franchement, ce n’est pas normal », déplore-t-il.
Malgré tout, il appelle les autorités à renforcer les mesures déjà engagées afin de mettre définitivement fin à cette crise de liquidité qui continue d’impacter lourdement le quotidien des Guinéens.







