À peine installé à la tête du Bénin, Romuald Wadagni a dévoilé, ce dimanche 24 mai, la composition de son premier gouvernement.
Très attendue, cette équipe ministérielle donne déjà des indices sur la manière dont le nouveau chef de l’État entend gouverner : poursuivre certaines réformes engagées ces dernières années, tout en tentant de répondre aux préoccupations très concrètes des Béninois, entre emploi, coût de la vie, sécurité et accès aux services publics.
Autour de Romuald Wadagni, plusieurs ministres prennent en main des secteurs stratégiques. L’économie et les finances, au cœur des attentes dans un contexte de pression sociale croissante, reviennent à Aristide Medenou. Aux Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet aura la charge de défendre les intérêts du pays.
Sur le front sécuritaire, devenu un sujet sensible pour les États côtiers d’Afrique de l’Ouest face à la menace djihadiste venue du Sahel, Djibril Mama Cissé Moussa est nommé ministre délégué chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, tandis que Gildas Agonkan prend les rênes de la Défense nationale.
Mais au-delà des nominations, un élément saute déjà aux yeux : ce gouvernement porte une forte empreinte de continuité. Romuald Wadagni lui-même symbolise ce passage de témoin sans rupture brutale. Ancien ministre de l’Économie et des Finances sous Patrice Talon pendant près de dix ans, il fut l’un des principaux visages des réformes économiques du précédent pouvoir.
Plusieurs profils nommés sont également familiers de l’administration ou des politiques publiques menées ces dernières années. Un choix qui semble traduire la volonté de préserver une certaine stabilité dans la gestion de l’État, tout en évitant les secousses institutionnelles souvent associées aux changements de pouvoir.
Cette continuité pourrait rassurer une partie des acteurs économiques et institutionnels. Mais elle nourrit aussi des attentes élevées. Car dans les quartiers populaires comme dans les milieux d’affaires, beaucoup attendent désormais moins des promesses, davantage d’emplois, une amélioration du niveau de vie, des services publics plus accessibles et des réponses aux difficultés du quotidien.
Reste à savoir si cette équipe saura transformer l’expérience accumulée en réponses concrètes pour une population qui, au-delà des équilibres politiques, attend surtout des changements perceptibles dans sa vie quotidienne.







