La vidéo a provoqué colère et incompréhension. À Manéyah, dans la préfecture de Coyah, un enseignant a été filmé en train de frapper violemment une élève dans une salle de classe remplie d’enfants. Une scène brutale qui relance le débat sur les violences exercées en milieu scolaire.
Les faits se sont produits au groupe scolaire Elite de Manéyah. Sur les images largement partagées depuis plusieurs heures, l’enseignant apparaît en train de donner des coups de poing et des coups de pied à une jeune élève déjà punie, sous le regard de ses camarades.
Au-delà de la violence physique, beaucoup d’internautes disent avoir été marqués par le silence pesant dans la salle de classe et la peur visible sur les visages des élèves présents.
L’Association scolaire et estudiantine de Guinée (ASEG) a rapidement réagi pour condamner des actes jugés « inacceptables ».
Son président, Kabinet Keïta, estime que l’enseignant a manqué à sa mission éducative.
« Notre réaction est d’abord une condamnation ferme de ce comportement. Cette violence n’avait pas sa place dans une école. Les sanctions existent déjà dans les règlements scolaires et dans le code de bonne conduite. Un enseignant peut corriger, sanctionner ou signaler un élève à l’administration, mais il ne peut pas se transformer en agresseur. L’intégrité physique, morale et psychologique des élèves doit être protégée. L’école est censée former des citoyens, pas traumatiser des enfants », a-t-il déclaré.
Le responsable estudiantin appelle également les autorités éducatives à prendre leurs responsabilités afin que cette affaire ne soit pas banalisée.
Sur Facebook, les réactions se multiplient depuis la diffusion de la vidéo.
« Aucune colère ne doit conduire à la violence dans nos écoles », écrit notamment Fula Sinani Sangaré. « Un enseignant est un éducateur, un guide et un modèle. Frapper un enfant jusqu’à le terrasser ne peut jamais être une solution, même si l’élève a eu un comportement déplacé. »

D’autres internautes rappellent que l’autorité ne doit jamais rimer avec brutalité.
« La pédagogie ne demande pas à l’enseignant d’humilier ou de frapper un élève. Elle demande du sang-froid, du dialogue et le recours à l’administration quand la situation dépasse certaines limites », souligne Sandaly Traoré, connu sur les réseaux sociaux sous le nom de « Sandaly le diplomate ».
Plusieurs parents disent également craindre les conséquences psychologiques de telles scènes sur les enfants.
« Beaucoup d’élèves vivent déjà avec la peur de certains enseignants. Quand un enfant est frappé devant toute sa classe, ce n’est pas seulement son corps qui souffre, c’est aussi sa dignité », réagit une mère de famille sur les réseaux sociaux.
Cette affaire remet en lumière une question sensible dans le système éducatif guinéen : celle des violences physiques comme méthode disciplinaire dans certaines écoles, malgré les textes qui les interdisent.
Aux dernières nouvelles, l’enseignant mis en cause aurait été interpellé puis conduit à la gendarmerie de Coyah pour être entendu.
En attendant les suites judiciaires ou administratives, cette scène continue de bouleverser de nombreux Guinéens, qui y voient un signal d’alarme sur la nécessité de mieux protéger les enfants dans les établissements scolaires.







