Le sommet « Africa Forward », organisé à Nairobi au Kenya, a mis en lumière une nouvelle dynamique dans les relations entre la France et les pays africains. Devant plusieurs chefs d’État africains, le président français Emmanuel Macron a défendu une approche basée sur « l’investissement » plutôt que sur « l’aide », avec l’annonce de 23 milliards d’euros destinés au financement de projets sur le continent africain.
Interrogé par Les Nouvelles d’Afrique après le sommet, le consultant médias et analyste politique guinéen Aly Souleymane Camara estime que cette rencontre traduit « une mutation profonde » des rapports entre la France et l’Afrique.
« On ne parle plus de dons pour les pays africains, mais plutôt d’investissements. Aujourd’hui, les rapports de force évoluent vers davantage d’équilibre », affirme-t-il.
Selon lui, cette évolution intervient dans un contexte marqué par la montée du sentiment antifrançais dans plusieurs pays du Sahel, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, où les relations diplomatiques avec Paris se sont fortement dégradées ces dernières années.
Aly Souleymane Camara souligne également l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants africains « décomplexés », davantage attachés à la souveraineté politique et économique de leurs États.
La Guinée, représentée à Nairobi par le président Mamadi Doumbouya, entend aussi tirer profit de cette nouvelle dynamique diplomatique, notamment autour du projet Simandou 2040.
« La Guinée est allée avec un projet ambitieux qui représente un enjeu stratégique majeur pour les prochaines années », explique l’analyste.
Pour lui, les pays africains doivent désormais concentrer leurs efforts sur les besoins essentiels des populations : l’éducation, la santé, l’emploi, les infrastructures et l’industrialisation.
« L’Afrique doit garantir à sa jeunesse que son avenir se trouve ici et non au fond de la Méditerranée », conclut-il.
Le sommet de Nairobi apparaît ainsi comme une nouvelle tentative de refondation des relations Afrique-France, dans un contexte où les États africains réclament davantage de respect, d’équilibre et de souveraineté.







