La deuxième et dernière journée du sommet Africa Forward s’est achevée ce mardi à Nairobi sur une série d’échanges intenses autour des grands défis africains : financement du développement, paix, sécurité, innovation technologique et souveraineté économique.
Pendant plusieurs heures, le Kenya International Convention Centre (KICC) a accueilli chefs d’État, investisseurs, responsables d’institutions internationales et dirigeants du secteur privé dans une atmosphère mêlant diplomatie, négociations économiques et volonté affichée de repenser les partenariats entre l’Afrique et ses partenaires étrangers.
Coorganisé par les présidents Emmanuel Macron et William Ruto, le rendez-vous a voulu se démarquer des traditionnels sommets Afrique-France en mettant davantage l’accent sur les investissements et les projets concrets.
Le financement du continent au centre des discussions
L’un des temps forts de cette dernière journée a été consacré à la réforme du système financier international. Autour de la table figuraient notamment la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, ainsi que plusieurs dirigeants africains comme Bola Ahmed Tinubu, Hakainde Hichilema et Abdel Fattah al-Sisi.
Au cœur des débats : les difficultés d’accès aux financements pour les pays africains, confrontés à des taux d’intérêt jugés trop élevés pour soutenir durablement leurs projets d’infrastructures et d’industrialisation.
Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de passer d’une logique d’aide à une logique d’investissement équitable et partagé, dans un contexte où de nombreux pays africains cherchent à renforcer leur autonomie économique.
Paix et sécurité : des inquiétudes persistantes
L’après-midi a ensuite été marqué par une session consacrée aux questions sécuritaires, en présence du secrétaire général de l’ONU António Guterres et du président de la Commission de l’Union africaine Mahmoud Ali Youssouf.
Plusieurs dirigeants africains ont plaidé pour un soutien accru aux mécanismes africains de maintien de la paix, alors que plusieurs régions du continent restent confrontées aux conflits armés, au terrorisme et aux crises politiques.
Les présidents Faure Gnassingbé, Ismail Omar Guelleh et Mohamed Ould Ghazouani ont notamment partagé leurs expériences en matière de médiation et de dialogue régional.
L’absence remarquée des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) a toutefois alimenté plusieurs commentaires en marge des discussions.
Innovation, numérique et agriculture au menu
En parallèle des plénières, plusieurs sessions thématiques ont mis en avant les enjeux liés à l’intelligence artificielle, à la transition numérique, à l’agriculture et à l’économie bleue.
Le président rwandais Paul Kagame et le chef de l’État botswanais Duma Boko ont notamment insisté sur la nécessité pour l’Afrique de ne pas rester en marge de la révolution technologique mondiale.
De son côté, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a participé à des échanges autour de l’économie maritime et des opportunités liées aux ressources côtières africaines.
Nairobi veut croire à une nouvelle dynamique
À l’issue du sommet, Emmanuel Macron a annoncé plusieurs engagements financiers et salué « une Afrique innovante et souveraine », tandis que les autorités kényanes ont mis en avant le rôle croissant de Nairobi comme plateforme diplomatique et économique du continent.
Au-delà des déclarations et des promesses d’investissements, plusieurs observateurs estiment toutefois que le véritable défi commencera après le sommet : celui de transformer les annonces politiques en projets visibles pour les populations africaines.







