La pression sur les médias ne faiblit pas au Burkina Faso. Ce 5 mai, le Conseil supérieur de la communication (CSC) a ordonné l’interdiction de diffusion des programmes de TV5 Monde sur l’ensemble du territoire.
Officiellement, le régulateur évoque des « manquements graves » dans le traitement de l’information, notamment sur les questions sécuritaires. Dans son communiqué, signé par son président Wendingoudi Louis Modeste Ouédraogo, l’institution accuse la chaîne d’avoir diffusé des contenus assimilés à de la désinformation, voire à une forme d’apologie du terrorisme.
Les faits reprochés concernent plusieurs journaux télévisés diffusés entre avril et mai 2026, ainsi que la couverture d’attaques survenues fin avril au Mali. Des contenus que les autorités jugent contraires aux règles professionnelles en vigueur dans le pays.
Mais au-delà des justifications officielles, cette décision s’inscrit dans un climat de plus en plus tendu entre les autorités et les médias. Depuis plusieurs mois, les suspensions et restrictions visant des organes de presse et des journalistes, se multiplient.
TV5 Monde n’en est d’ailleurs pas à sa première sanction. En 2024, la chaîne avait été suspendue à deux reprises pour des motifs similaires.
Pour de nombreux observateurs, ces décisions successives interrogent sur l’espace accordé à la liberté d’informer dans un contexte sécuritaire fragile, où le contrôle du récit médiatique devient un enjeu central.
En appelant les médias à plus de « rigueur », le régulateur envoie aussi un message clair : la couverture des questions sensibles, notamment liées au terrorisme, est désormais sous étroite surveillance.








