Le procès visant l’ancien directeur général du Centre national de formation sociale Jean Paul II connaît un nouveau tournant ce lundi 4 mai 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières. Le parquet a formulé une demande forte : faire comparaître l’ancienne ministre de la Promotion féminine, Charlotte Daffé.
À l’audience, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a jugé indispensable d’entendre plusieurs personnalités citées dans le dossier, au premier rang desquelles l’ex-ministre. Selon lui, ces auditions sont nécessaires pour faire toute la lumière sur cette affaire présumée de gestion de fonds publics.
Poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption, faux et usage de faux, enrichissement illicite et complicité, Soriba Soumah, ancien administrateur civil et directeur du centre, rejette en bloc les accusations. Devant les juges, il affirme qu’environ 30 % seulement d’une subvention globale de 12,4 milliards de francs guinéens ont été effectivement utilisés, notamment pour des équipements, le reste étant, selon lui, toujours logé au Trésor public.
L’accusé a également retracé l’origine de ses ennuis judiciaires, évoquant une sanction administrative prise en novembre 2025 par Charlotte Daffé pour des manquements présumés dans la gestion du dossier. Une décision qu’il considère comme le point de départ de ses démêlés avec la justice.
Dans ses déclarations, il a par ailleurs accusé un ancien comptable du centre, actuellement en fuite, d’avoir falsifié sa signature afin de retirer frauduleusement plus de deux milliards de francs guinéens en quelques jours.
Face à ces éléments, le parquet maintient sa position : toutes les personnes citées doivent être entendues. « Si l’ancienne ministre doit comparaître, elle le fera », a insisté le procureur, ouvrant ainsi la voie à une possible implication directe de Charlotte Daffé dans les débats judiciaires à venir.







