La situation de la presse continue de se dégrader en Guinée. Dans son classement mondial 2026 publié ce jeudi, en prélude à la Journée internationale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) place le pays à la 111e position sur 180. Un recul notable, puisqu’il occupait encore la 103e place en 2025.
Plus largement, l’organisation tire la sonnette d’alarme : le niveau global de la liberté de la presse n’a jamais été aussi bas depuis 25 ans.
Une dégradation qui s’inscrit dans la durée
Avec un score de 48,45 points, la Guinée reste classée dans la catégorie des pays où la situation est jugée « difficile ». Pour RSF, cette évolution n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un climat de plus en plus tendu pour les médias, notamment depuis le coup d’État de septembre 2021.
Les autorités sont accusées de multiplier les restrictions visant les organes jugés critiques. Parmi les faits relevés : suspensions de médias et journalistes, brouillage de signaux, arrestations de journalistes ou encore cas de disparition inquiétante, comme celle du journaliste Habib Marouane Camara en 2024.
Dans le détail, le pays obtient des résultats particulièrement faibles sur les indicateurs liés à la sécurité (129e rang) et au contexte politique (103e), des domaines où les pressions seraient les plus marquées.
Une tendance régionale préoccupante
La Guinée n’est pas un cas isolé. En Afrique de l’Ouest, plusieurs pays enregistrent également des reculs. Le Nigeria se classe 112e, juste derrière la Guinée, tandis que le Bénin occupe la 113e place.
À l’échelle mondiale, le constat est encore plus préoccupant : sur les 180 pays évalués, 94 sont désormais considérés comme étant dans une situation « difficile » ou « très grave ». À l’inverse, seuls quelques pays, principalement en Europe du Nord, parviennent à maintenir un environnement jugé favorable au travail des journalistes.
RSF appelle à des mesures concrètes
Face à cette situation, RSF invite les autorités guinéennes à prendre des mesures rapides. L’organisation rappelle ses recommandations formulées en début d’année, notamment la clarification du cas du journaliste Habib Marouane Camara et la fin des restrictions arbitraires contre les médias.






