Les attaques coordonnées menées samedi à travers le Mali marquent un tournant stratégique pour le régime militaire au pouvoir. Par leur ampleur et leurs cibles – Bamako, Kati, Gao ou encore Kidal – elles révèlent une capacité opérationnelle inédite des groupes armés et mettent à nu la vulnérabilité d’un pouvoir qui avait fait de la sécurité le cœur de sa légitimité.
L’alliance tactique entre le jihadiste JNIM et les séparatistes touareg du Front de libération de l’Azawad illustre une convergence d’intérêts plus politique qu’idéologique : affaiblir l’État malien et contester l’autorité de la junte. Elle rappelle les dynamiques de 2012, mais avec une différence notable : cette fois, le pouvoir central est directement frappé et symboliquement atteint.
La reprise annoncée de Kidal, moins de deux ans après sa reconquête par l’armée malienne avec l’appui russe, constitue un revers majeur. Elle interroge l’efficacité d’une stratégie fondée sur la force militaire et sur le soutien de partenaires étrangers, sans règlement politique durable des revendications du nord.
La mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, et le silence prolongé du chef de la junte, Assimi Goïta, accentuent le choc. Au-delà de l’urgence sécuritaire, ces événements fragilisent le récit souverainiste du régime et ouvrent une période d’incertitude politique, dans un pays où l’histoire récente montre que la victoire militaire, sans solution inclusive, reste toujours précaire.







