En République démocratique du Congo, les restrictions aériennes liées au conflit ont fortement limité les opérations humanitaires en 2025. Dans son rapport annuel, le Programme alimentaire mondial indique que son service aérien, l’UNHAS, n’a transporté que 22 000 passagers, soit à peine plus de la moitié des 40 000 initialement prévus.
Selon l’agence onusienne, cette baisse s’explique principalement par l’instauration de zones d’exclusion aérienne dans l’est du pays, où les combats ont rendu inaccessibles 13 destinations, dont Goma, principal centre logistique humanitaire. Le PAM souligne aussi une réduction des moyens aériens, la flotte étant passée de huit à quatre appareils faute de financements suffisants.
Sur le terrain, ces contraintes ont un impact direct sur l’accès humanitaire. Dans plusieurs zones enclavées du Sud-Kivu, notamment Minembwe et Fizi, les déplacements restent quasi impossibles par voie terrestre. L’insécurité persistante, combinée au brouillage GPS, à l’usage de drones et à la volatilité des lignes de front, rend l’espace aérien difficilement exploitable.
La mission de l’ONU en RDC, MONUSCO, considère d’ailleurs la sécurisation du ciel comme une condition préalable à tout cessez-le-feu durable.
Malgré ces obstacles, l’UNHAS a assuré des opérations critiques, notamment l’évacuation de plus de 1 300 travailleurs humanitaires et la réalisation de plusieurs évacuations médicales d’urgence. Le PAM insiste sur le rôle vital de ce dispositif, alors que « 27,7 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë », un niveau record dans le pays.







