Dans un entretien accordé au site panafrricain Les Nouvelles d’Afrique, Dr Aboubacar M’Bemba Diaby, enseignant-chercheur à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia et spécialiste des relations internationales, analyse le repositionnement de la Guinée sur la scène internationale.
Pour lui, le tournant décisif s’opère sous la présidence de Alpha Condé, avec une décision jugée stratégique : le paiement des cotisations aux organisations internationales.
« Si un pays ne paie pas ses cotisations, il perd son droit de vote et sa capacité d’influence », explique-t-il.
Ce rattrapage a permis à Conakry de retrouver sa place au sein d’institutions comme l’Union africaine ou la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. « C’est ce qui a justifié le slogan Guinea is back, la Guinée est de retour », ajoute l’universitaire.
Une diplomatie plus offensive
Sous le régime du président Mamadi Doumbouya, cette dynamique se poursuit avec une diplomatie plus active, portée notamment par le ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté.
Dr Diaby souligne un changement notable :
« La Guinée intervient davantage pour protéger ses ressortissants à l’étranger. On voit même des opérations de rapatriement, ce qui n’était plus fréquent depuis des années. »
Le défi du professionnalisme diplomatique
Malgré ces avancées, des efforts restent nécessaires. L’expert insiste sur la qualité des ressources humaines :
« Il faut nommer des diplomates compétents, capables de comprendre les réalités des pays où ils sont accrédités. »
Il rappelle également les quatre missions fondamentales du diplomate : représenter, protéger, négocier et informer.
« Un diplomate qui ne négocie pas d’opportunités ou n’informe pas son pays n’a pas pleinement rempli sa mission », tranche-t-il.
Un retour à consolider
Pour Dr Aboubacar M’Bemba Diaby, la Guinée amorce un retour crédible sur la scène internationale, mais celui-ci devra s’inscrire dans la durée.
« La diplomatie guinéenne doit rester offensive, mais surtout stratégique et orientée vers les intérêts du pays. »
Un cap clair : transformer ce regain d’activité diplomatique en influence durable.







