L’ancien Premier ministre gabonais et figure de l’opposition, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a été placé sous mandat de dépôt jeudi 16 avril 2026, au lendemain de son interpellation à son domicile.
Il est poursuivi pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance, selon le parquet.
Dans un communiqué, le procureur de la République, Dick Fabrice Boungou Mikolo, précise que la procédure fait suite à une plainte déposée par une citoyenne.
Cette dernière accuse l’ancien chef du gouvernement de ne pas avoir remboursé une somme d’environ 7 500 euros, qui lui aurait été confiée dans le cadre de l’organisation de la Fête des cultures.
Le parti Ensemble pour le Gabon (EPG), formation politique de Bilie-By-Nze, évoque de son côté une arrestation « brutale » et dénonce une atteinte aux principes de l’État de droit.
Selon ses responsables, les faits remontent à 2008, à une période où l’opposant occupait des fonctions dans l’organisation de cet événement dans un cadre institutionnel.
Le parti avance également que cette affaire pourrait être liée à une créance initialement due par l’État gabonais, aujourd’hui réclamée à titre individuel. Une thèse rejetée par les proches du mis en cause.
Cette affaire intervient dans un climat politique sensible au Gabon. Candidat malheureux à la présidentielle d’avril 2025, Alain-Claude Bilie-By-Nze s’est récemment illustré par ses critiques à l’égard de certaines décisions des autorités.
Parmi les points de friction figurent notamment la suspension des réseaux sociaux et une réforme du code de la nationalité, qui prévoit la possibilité de retirer la nationalité pour des activités jugées subversives.
Ces développements interviennent alors que le président Brice Oligui Nguema fait face à plusieurs mouvements sociaux, notamment dans le secteur de l’éducation.
Dans ce contexte, le parti EPG considère l’incarcération de son leader comme une mesure à caractère politique visant à affaiblir l’opposition, une lecture qui n’a pas été commentée officiellement par les autorités.







