Seize civils ont été tués vendredi dans l’ouest du Niger lors d’une attaque menée par des hommes armés contre un convoi de cinq camions circulant dans le département de Banibangou, dans la région de Tillabéri.
Cette zone, frontalière du Mali, avait pourtant connu plusieurs mois d’accalmie après des années de violences imputées à des groupes jihadistes.
Selon plusieurs habitants contactés par l’AFP, les assaillants ont intercepté en plein après‑midi les véhicules qui se rendaient à la foire hebdomadaire de Tizigorou. Les hommes ont été exécutés sur place ; seules les femmes ont été épargnées.
Parmi les victimes figurent plusieurs commerçants influents de la région, selon un résident de Banibangou. Les attaquants ont emporté trois des camions ainsi que leurs marchandises, et en ont incendié un quatrième.
Une région sous pression depuis des années
Le département de Banibangou, situé dans la région instable de Tillabéri, est régulièrement ciblé par des groupes armés affiliés à l’État islamique au Sahel (EIS) ou au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), liés à Al‑Qaïda.
Entre 2021 et 2023, cette zone a connu une multiplication d’attaques contre des villages, des axes routiers et même des lieux de culte.
Face à la persistance des violences, plusieurs villages ont mis sur pied leurs propres milices d’autodéfense, souvent insuffisamment équipées et peu formées pour faire face à des groupes jihadistes aguerris.
Des autorités militaires en quête de solutions
Le drame intervient alors que le régime militaire, au pouvoir depuis le coup d’État de juillet 2023, vient d’annoncer la création prochaine d’auxiliaires civils de l’armée chargés de renforcer la lutte contre ces groupes armés.
Malgré un important déploiement des forces de sécurité, la junte peine à stopper les attaques, notamment dans la région de Tillabéri, théâtre de violences récurrentes depuis 2017.
La semaine dernière, le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, affirmait pourtant que la situation sécuritaire était « stabilisée » et que les forces de défense et de sécurité « avaient le contrôle du terrain », tout en reconnaissant la persistance d’attaques contre le pays.
Un front sécuritaire multiple
Outre la menace dans l’ouest du pays, le Niger doit également faire face, dans sa partie sud‑est, aux offensives de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), actifs autour du bassin du lac Tchad.
L’attaque de vendredi rappelle ainsi que le pays reste confronté à une pression jihadiste multiforme, sur plusieurs fronts, malgré les efforts engagés pour tenter de rétablir la sécurité.







