La crise de liquidité persiste en Guinée et continue d’impacter les fonctionnaires. Devant plusieurs établissements bancaires de Conakry, les files d’attente s’allongent, tandis que les retraits restent plafonnés, provoquant colère et incompréhension. Notre rédaction s’est rendue ce mardi 3 mars 2026 dans une banque située à Lambanyi, où de nombreux agents de l’État tentaient de percevoir leur salaire.
Adossé à la devanture de l’établissement, Mamady Condé, fonctionnaire, raconte son épreuve.
« Je suis là depuis 5 heures au moins. Jusqu’à présent, je n’ai pas reçu mon argent. Depuis qu’on est venus, la banque nous dit qu’on ne peut pas avoir notre salaire en totalité. C’est un million qu’ils peuvent donner », explique-t-il. Selon lui, cette limitation l’empêche de disposer de l’intégralité de sa rémunération.
« Je n’ai pas retiré mon salaire complet. S’ils donnent un million, il y a plus de deux millions qui me restent à retirer. Ce sont des difficultés qu’on vit ce matin. »
Visiblement remonté, Ibrahim Condé dénonce également l’organisation mise en place devant la banque. Il affirme être à sa deuxième tentative en deux jours. « Hier, j’étais là à 14h après le virement, mais ils disent qu’il n’y a pas d’argent. Aujourd’hui, à 5h du matin, on arrive et ils sont déjà à la cinquième liste. Ce sont les agents de sécurité qui enregistrent les gens à distance », s’indigne-t-il.
Pour lui, le système doit être revu en profondeur.
« Ils doivent changer la sécurité et mettre en place des structures capables de gérer la situation des fonctionnaires. Franchement, les fonctionnaires guinéens souffrent. »
Même son de cloche chez Djénabou Barry, qui dit ne pas comprendre pourquoi elle ne peut pas percevoir la totalité de son salaire. « On ne peut pas vivre comme ça. Tu viens, tu n’as pas ton argent. On me dit aujourd’hui que pour avoir mon salaire, c’est un million seulement, pas plus. Imaginez : les enfants, le loyer, les factures, les ordonnances… Il y a tant d’autres dépenses », énumère-t-elle.
« Nous aimerions que quand on a besoin de notre argent, on nous le donne sans compliquer. C’est la moindre des choses. »
Cette difficulté sur les retraits d’espèces n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs mois, les banques commerciales font face à une baisse significative des disponibilités en liquidités, compliquant les opérations au guichet.
La Banque centrale de la République de Guinée avait assuré vouloir résoudre cette situation. Lors du 66ᵉ anniversaire de la monnaie guinéenne, célébré le 1er mars 2026, son gouverneur avait promis des mesures pour améliorer l’approvisionnement en espèces.
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