La capitale guinéenne replonge dans une nouvelle crise de carburant. Ce mardi, de nombreux citoyens ont pris d’assaut les stations-service de Conakry à la recherche d’essence, provoquant de longues files d’attente et d’importantes perturbations dans les déplacements.
Dans les communes de Lambanyi et Sonfonia, automobilistes et conducteurs de motos patientent parfois plus d’une demi-heure avant d’être servis. Une situation qui ralentit les activités économiques et alimente les critiques contre les autorités.
« Quand les gens ne se déplacent pas, les affaires ne marchent pas »
Mamadou Lamine Diallo, ingénieur, dit avoir attendu plus de trente minutes avant d’accéder à la pompe.
« Il y a beaucoup de monde, il y a beaucoup de difficultés à avoir des moyens de déplacement. L’autorité doit tout faire pour donner à la population les moyens de se mouvoir. C’est très important parce que quand les gens ne se déplacent pas, on ne peut pas faire les affaires », déplore-t-il.
De Lambanyi à Kobaya dans la banlieue de la capitale guinéenne, des bidons d’essence sont alignés devant plusieurs stations-service, témoignant de la tension qui règne sur le terrain. Les travailleurs journaliers sont en première ligne. Pour les conducteurs de taxi-moto, cette pénurie a un impact direct sur les revenus quotidiens.
Thierno Amidou Diallo explique que l’attente prolongée réduit considérablement leurs recettes.
« Ce n’est pas bon pour la population parce que le manque de carburant ralentit les activités. Surtout nous qui sortons nous débrouiller pour chercher notre gain quotidien. La famille compte sur nous, ce n’est pas facile. Certains sortent très tôt pour faire la queue ici. Presque toute la journée, ils ne gagnent rien et ils rentrent sans rien », se lamente-t-il.
Assis sur sa moto, dans la file d’attente, Joseph Nanamou appelle l’État à tirer les leçons des crises précédentes.
« On se trouve dans cette situation indépendamment de notre volonté. L’État doit prendre ses responsabilités. Normalement, s’il y avait un lieu de stockage suffisant, on ne serait pas là. Depuis l’explosion du dépôt de carburant, l’État devait régulariser cela. »
La Société nationale des pétroles appelle au calme
Dans un communiqué, la Société nationale des pétroles assure que l’approvisionnement en carburant se poursuit normalement. Elle invite toutefois la population à éviter les spéculations et les attroupements dans les stations-service.
En attendant un retour complet à la normale, cette nouvelle tension sur le carburant met en lumière la vulnérabilité du système d’approvisionnement et ses répercussions immédiates sur la vie économique et sociale de Conakry.
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