La localité de Wouro Sounna est située à 15 km au nord de Bababé, (Mauritanie) dans la commune d’Aéré Mbar (Sud-Ouest). C’est une localité très ancienne dont la majorité des habitants sont des éleveurs. Elle manque cruellement d’eau, aussi bien pour les habitants que pour le pâturage. Pendant l’hivernage, les habitants restent sur place et s’approvisionnent, eux et leurs animaux, dans des lacs et des marigots, avec les conséquences néfastes que cela implique sur la santé.
L’absence d’un point d’eau viable pose également un sérieux problème de santé publique, mais aussi d’accès aux services sociaux de base, notamment l’école et la santé.
Pendant la saison sèche, la plupart des habitants quittent le village avec leurs animaux pour s’installer dans les villages environnants à la recherche d’eau. D’autres, restés sur place malgré la rigueur des conditions, parcourent 18 km jusqu’au fleuve Sénégal pour abreuver leur bétail et se rendent chaque matin à Bababé pour se ravitailler en eau potable. Les femmes quittent le village très tôt le matin à la recherche d’eau à Bababé ou dans les environs.
C’est dans ce contexte qu’en 2024, le délégué de la localité a sollicité Taazour afin d’obtenir un appui pour un projet de construction d’un forage. Toutes les démarches auprès de la mairie, du Hakem et du Wali ayant été accomplies, Taazour a donné un avis favorable.
Ainsi, le 1er janvier 2026, l’entreprise chargée des travaux a entamé la mise en œuvre du projet de château d’eau. Une fois sur place, alors que les maçons avaient commencé les travaux, ils ont reçu la visite surprise de quelques personnes venues du village de Sabou Allah, localité située à 10 km de Wouro Sounna. Ces personnes ont demandé l’interruption immédiate des travaux, en présence du représentant de l’entreprise.
Par la suite, le commandant de la brigade de gendarmerie de Bababé a contacté le délégué de Wouro Sounna ainsi que le représentant de l’entreprise pour leur signifier l’arrêt immédiat des travaux, sur instruction du Hakem.
Les responsables de Taazour ont été informés de la situation.
Aujourd’hui, le blocage persiste malgré plusieurs tentatives de déblocage du projet auprès du Hakem et de Taazour. Nous appelons le Wali et l’administration centrale à mettre fin à ce blocage et à cet affaiblissement volontaire des projets sociaux de base.
Il est inacceptable qu’une partie de la population sollicite l’aide de son administration, accomplisse toutes les formalités requises, et qu’un nouveau Hakem vienne ensuite remettre en cause l’ensemble du processus.
Khally Diallo
Le député du Peuple







