Les députés ont voté ce vendredi 27 février 2026 la mise en accusation de l’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam. Accusé de détournement de fonds publics dans l’affaire « Sénégal Connect Park », il est désormais renvoyé devant la Haute Cour de Justice.
Après plusieurs heures de débats houleux dans l’hémicycle, la résolution visant Moussa Bocar Thiam a été adoptée par une majorité écrasante de 104 voix contre 9. Ce vote marque le début d’une procédure judiciaire d’exception pour l’ancien ministre de Macky Sall.
Un préjudice estimé à près de 1,5 milliard de FCFA
Au cœur de l’accusation se trouve le projet Sénégal Connect Park (ex-Parc des Technologies Numériques ) de Diamniadio. Le rapport de la commission d’enquête parlementaire fait état de graves irrégularités financières. Il est notamment reproché à l’ancien ministre le paiement de 2,4 milliards de FCFA pour des prestations jugées fictives ou inachevées, une plateforme numérique facturée à 900 millions de FCFA qui, selon les experts, n’aurait jamais été livrée et des chefs d’accusation de détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et association de malfaiteurs.
La défense dénonce un vide juridique
Actuellement hors du pays pour des raisons professionnelles, Me Moussa Bocar Thiam n’a pas tardé à réagir via ses conseils. La défense de l’ancien ministre qui affirme avoir saisi le Conseil constitutionnel pour faire constater l’illégalité de cette procédure, conteste la validité même du vote, invoquant une incohérence entre le règlement intérieur de l’Assemblée et la Constitution.
Ce vote intervient dans un contexte de vaste offensive contre la corruption lancée par les nouvelles autorités. Si Moussa Bocar Thiam est le premier à franchir cette étape, le dossier d’Abdoulaye Diouf Sarr, également sur la table de la Commission des Lois, a été temporairement écarté pour complément d’informations.







