L’Ambassade de Guinée à Berlin a annoncé, jeudi 26 février, la suspension immédiate des opérations d’identification de ressortissants guinéens en vue de leur rapatriement. Cette décision intervient dans un contexte de forte polémique autour de possibles violations des droits humains lors de retours forcés depuis l’Allemagne.
Depuis plusieurs semaines, des témoignages relayés en Europe et en Guinée dénoncent des conditions de rapatriement jugées préoccupantes. La diaspora guinéenne s’est durablement mobilisée, accusant les autorités de Conakry d’un manque de transparence dans l’exécution de l’accord migratoire conclu avec Berlin.
Face à la montée des tensions, l’Ambassade dit vouloir apporter des « clarifications nécessaires » et rassurer ses ressortissants.
Mise en place d’une commission d’enquête
Selon le communiqué n°003, publié jeudi, le ministre guinéen des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a ordonné la création d’une commission d’enquête bipartite. Celle‑ci aura pour mission de « faire toute la lumière sur les cas de violations des droits humains signalés » dans le cadre des opérations de retour.
En attendant ses conclusions, toutes les procédures d’identification menées sur le territoire allemand sont gelées.
Des chiffres rectifiés
L’Ambassade a également souhaité corriger plusieurs données largement relayées sur les réseaux sociaux :
- Environ 6 000 Guinéens seraient identifiés en situation irrégulière en Allemagne.
- 120 personnes ont été effectivement rapatriées vers Conakry depuis le début de la coopération migratoire.
La représentation diplomatique déplore ce qu’elle qualifie de « campagne de désinformation » visant à discréditer les efforts du gouvernement guinéen et à ternir l’image du ministre Kouyaté.
Appel au calme
Dans son communiqué, l’Ambassade invite les Guinéens résidant en Allemagne à la « plus grande sérénité » et les appelle à éviter les messages susceptibles d’alimenter la confusion. Elle assure que la protection des ressortissants reste au cœur de sa mission, « dans le respect des lois du pays d’accueil ».
Cette suspension intervient alors que la question migratoire demeure un sujet sensible entre les autorités guinéennes de la transition et leurs partenaires européens.
Ci-dessous, le communiqué :







