Deux semaines après les violents affrontements qui ont coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Bâ, le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar a rouvert ses portes ce jeudi 26 février. Toutefois, ce retour se déroule dans un climat de lourdeur et d’incertitude.
Un dispositif sécuritaire inédit
L’accès au campus, autrefois fluide, est désormais strictement filtré. Sous la surveillance de forces de sécurité renforcées, les étudiants doivent impérativement présenter leur carte pour franchir les grilles. Ce filtrage rigoureux vise à sécuriser l’espace, mais il contribue à l’atmosphère pesante décrite par les premiers arrivants.
Les pavillons B et F inaccessibles
Point majeur de cette rentrée : les pavillons B et F restent sous scellés. Épicentres des heurts du 9 février, ces bâtiments sont au cœur de l’enquête judiciaire en cours. Gravement endommagés, ils ne pourront être réhabilités par le Coud qu’une fois les expertises terminées. Cette fermeture forcée laisse plus de 2 000 étudiants sans solution de logement, provoquant l’inquiétude des amicales estudiantines.
Panser les plaies
Malgré une capacité d’hébergement opérationnelle à 90 %, l’affluence demeure timide. Pour accompagner cette reprise difficile, les autorités universitaires ont mis en place deux mesures phares : une cellule d’écoute psychologique disponible 24h/24 pour les étudiants et le personnel traumatisés.
La reprise de la restauration, à l’exception notable du restaurant « Self », toujours en travaux.
Entre la volonté de sauver l’année académique et les stigmates encore visibles de la crise, l’Université Cheikh Anta Diop entame une convalescence qui s’annonce longue et complexe.







