Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a présenté un projet de loi visant à durcir les sanctions contre les relations homosexuelles. Le texte prévoit de porter les peines de 5 à 10 ans de prison, contre 1 à 5 ans actuellement, et impose la peine maximale lorsque l’acte implique un mineur.
Le projet introduit également une définition de l’homosexualité dans le code pénal et crée un délit d’apologie de l’homosexualité, puni de trois à sept ans d’emprisonnement. Les personnes condamnées pourraient aussi perdre leurs droits civiques pendant dix ans.
Le texte ajoute une disposition nouvelle : sanctionner les dénonciations sans preuve, dans un contexte de montée des discours homophobes et de multiples arrestations pour homosexualité présumée. Ces dernières semaines, une trentaine de personnes ont été interpellées, certaines accusées également de transmission volontaire du VIH.
Ousmane Sonko dit s’être appuyé sur les travaux de l’association conservatrice And Samm Jikko Yi, mais essuie des critiques de l’opposition pour ne pas avoir transformé l’homosexualité en crime, comme promis en campagne. Le débat intervient dans un climat social tendu, marqué par l’influence croissante de groupes religieux et par des affaires parallèles, notamment le démantèlement d’un réseau de pédocriminalité début février.






