Après la condamnation de 18 supporters sénégalais à des peines allant de trois à six mois, voire un an de prison ferme pour « hooliganisme » lors de la finale de la CAN 2025, les journalistes sportifs sénégalais dénoncent une injustice et appellent l’État du Sénégal à mobiliser tous les moyens nécessaires pour obtenir leur libération dans les plus brefs délais.
C’est un sentiment de frustration largement partagé par les Sénégalais après les peines infligées à ces 18 supporters présents au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat le 18 janvier, lors de la finale remportée par le Sénégal face au Maroc. Les journalistes sportifs que nous avons contactés, eux-mêmes présents au stade, ont vivement dénoncé la sévérité de ces condamnations.
Pape Djibril Gaye, journaliste sportif au quotidien Source A et éditeur du magazine Score 221, juge ces peines « totalement abusives ». Selon lui, les supporters sénégalais ne devraient même pas passer une semaine en détention.
« Ces scènes de violence ne sont pas une première dans les matchs de football. Souvent, nous assistons à des affrontements bien plus tendus, mais les gardes à vue ne dépassent généralement pas 24 ou 48 heures. Aller jusqu’à ce niveau est tout de même surprenant », a-t-il déclaré.
Un autre journaliste, témoin lui aussi des incidents lors du match Sénégal–Maroc, estime que le traitement réservé aux supporters est totalement « injuste ». Oumar Ndongo, journaliste au Soleil Digital, a d’abord déploré l’absence d’interprètes pour les supporters lors des audiences, ainsi que le manque d’assistance juridique pendant les premiers interrogatoires.
« Depuis le début, rien n’a été fait dans les règles. Et maintenant, les réquisitions ont été établies alors que ce sont les stadiers marocains qui ont fait usage de la force en premier. C’est une parodie de justice », déplore-t-il.
Les deux journalistes ont également lancé un appel à l’État du Sénégal pour qu’il utilise ses relations diplomatiques afin de venir en aide aux supporters.
« L’État du Sénégal doit davantage se mobiliser pour favoriser leur libération. Leur seul tort est d’avoir soutenu leur équipe nationale », a insisté Oumar Ndongo.
« Il va falloir que le Sénégal trouve les moyens nécessaires pour se battre et permettre à ces supporters de rentrer au plus vite retrouver leurs familles », a conclu Pape Djibril Gaye.
La population sénégalaise, notamment les journalistes sportifs, demande unanimement la libération de ces 18 supporters et attend avec impatience leur retour au pays.
Salimata Mbengue







