Le président Bassirou Diomaye Faye a franchi un nouveau cap dans la recomposition des équilibres au sommet de l’État. Lors du dernier Conseil des ministres, il a écarté une voix critique, réputée proche du Premier ministre Ousmane Sonko, pour la remplacer par un membre de la coalition « Diomaye Président ».
Dans le même mouvement, le chef de l’État a confié à un autre responsable issu de sa coalition la gestion du Fonds spécial de soutien au secteur de l’énergie, un levier stratégique dans le contexte actuel. Deux décisions qui, pour plusieurs observateurs, traduisent une volonté assumée de renforcer son propre dispositif politique.
Au sein du Pastef, ces choix sont diversement appréciés. Certains y voient une marginalisation progressive des proches de Sonko dans les centres névralgiques de décision, alimentant le sentiment d’un déséquilibre croissant au sein de l’exécutif.
La tension n’est pas nouvelle. Déjà en novembre 2025, la réorganisation de la coalition avait provoqué des remous, notamment avec le remplacement d’Aïda Mbodj par Aminata Touré à la coordination. Depuis, les signaux de crispation se multiplient.
En réaction, le bureau exécutif du Pastef s’était réuni en urgence et avait brandi une note interne annonçant la création de l’APTE (Alliance patriotique pour le travail et l’éthique), avec la désignation d’Aïda Mbodj comme coordinatrice. Depuis, les relations entre les deux têtes de l’exécutif demeurent marquées par une méfiance croissante.
Ces derniers ajustements, touchant à des postes sensibles et à des instruments financiers stratégiques, pourraient accentuer le fossé entre les deux têtes de l’exécutif. Reste à savoir si cette dynamique relève d’un simple rééquilibrage politique ou des prémices d’une fracture plus profonde au sein du pouvoir.
Alioune Sow







