Les conclusions de la 39ᵉ session ordinaire de l’Union africaine ont été présentées par le président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, chef de l’État burundais, et par le président de la Commission, le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf. C’était lors d’une conférence de presse à la clôture du sommet.
Positions fermes sur les changements anticonstitutionnels et dialogue avec le Sahel
Parmi les décisions phares prises par les chefs d’État africains, l’UA n’acceptera plus aucun changement de pouvoir anticonstitutionnel, a affirmé le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf.
Cependant, l’Union africaine ne compte pas rompre le dialogue avec les pays du Sahel, notamment le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Elle poursuivra les pourparlers avec les régimes militaires de ces pays afin de les ramener au sein de l’organisation, a indiqué le président de la Commission. Ce qui préoccupe davantage les dirigeants africains, toutefois, est la prolifération des groupes terroristes dans la région.
Sécurité régionale : vers une plateforme commune contre le terrorisme
D’ailleurs, les chefs d’état-major de la CEDEAO se réuniront à Freetown, capitale de la Sierra Leone, du 24 au 27 février, afin d’organiser la participation à la force régionale antiterroriste, a informé le nouveau président de l’Union africaine.
Évariste Ndayishimiye a insisté, face à la presse, sur la nécessité d’une solidarité régionale pour lutter contre le jihadisme et soutenir un retour rapide à l’ordre constitutionnel. C’est dans cette optique qu’une « plateforme commune » regroupant dix-huit pays sur les questions de sécurité sera créée dans les semaines à venir, a-t-il annoncé.
Rappelons que le Burundais est envoyé spécial de l’UA pour le Sahel depuis juillet 2025, avant d’être investi aujourd’hui comme président de l’Union africaine.
RDC et Soudan : appels à la paix et à l’accès humanitaire
S’agissant de la République démocratique du Congo, Évariste Ndayishimiye a insisté sur l’application des accords de paix et la mise en place d’une force d’interposition, tandis que Mahmoud Ali Youssouf a rappelé le rôle de l’UA dans la médiation, en coordination avec les partenaires régionaux et internationaux.
Concernant la guerre qui ravage le Soudan, le chef des Affaires politiques, Paix et Sécurité, Adeoye Bankole, a souligné la nécessité d’assurer un accès humanitaire et de renforcer la coordination internationale.
La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a, pour sa part, formulé des recommandations sur la situation dramatique que traverse le pays, recommandations qui n’ont pas encore été prises en compte par le Conseil de paix et de sécurité.
Les dirigeants africains ont indiqué avoir pris note du rapport du Conseil de paix et de sécurité de l’UA sur l’état de la paix et de la sécurité en Afrique, notamment la persistance des conflits, du terrorisme et de l’extrémisme violent, ainsi que les changements anticonstitutionnels de gouvernement et les crises humanitaires dans certaines régions du continent.
Ils ont également insisté sur la nécessité d’un financement prévisible, durable et flexible pour les opérations de soutien à la paix menées par l’UA.
Réformes institutionnelles et besoin d’un financement durable
Les chefs d’État ont en outre adopté le mémorandum d’accord entre l’Union africaine, les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux, relatif à l’utilisation de la Force africaine en attente.
Enfin, l’Union africaine a réaffirmé la position commune de l’Afrique sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, réitérant la demande d’une représentation équitable du continent au sein des institutions de gouvernance mondiale.
La 39ᵉ session ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, qui s’est achevée hier (dimanche) à Addis-Abeba, capitale éthiopienne où se situe le siège de l’organisation panafricaine, avait été ouverte samedi en présence de nombreux dirigeants du continent.
Mamadou Dieng







