Chaque mois, le Sénégal consacre près de 590 milliards FCFA au paiement de sa dette, soit environ 20 milliards FCFA par jour. Ce montant comprend 90 milliards FCFA d’intérêts et près de 500 milliards FCFA pour le remboursement du capital, une charge qui pèse lourdement sur l’équilibre des finances publiques.
Les seuls intérêts représentent 2,5 milliards FCFA par jour, soit plus de 1 000 milliards FCFA par an, une facture accentuée par la dégradation de la note souveraine du pays. Le remboursement du capital a atteint 6 000 milliards FCFA en 2025, et pourrait dépasser 7 000 milliards FCFA en 2026, limitant fortement les capacités d’investissement de l’État.
Le déficit structurel reste élevé : avec des dépenses annuelles d’environ 6 000 milliards FCFA et des recettes qui dépassent à peine 4 000 milliards FCFA, l’État doit mobiliser 15 % de ses recettes chaque mois pour honorer ses créanciers, avant de financer services publics et programmes sociaux.
Pour alléger cette pression, les autorités misent sur une mobilisation accrue de ressources locales et de la diaspora, via des instruments comme les « diaspora bonds », permettant des remboursements étalés sur plusieurs années et moins contraignants que les marchés internationaux. L’objectif : préserver la souveraineté économique et limiter le recours au Fonds Monétaire International, souvent conditionné par des réformes restrictives.
Malgré cette lourde charge, le Sénégal reste solvable, selon les autorités, mais la situation impose une rationalisation des dépenses publiques et des réformes structurelles pour retrouver des marges de manœuvre et soutenir le développement économique et social.







