Après le « Plan Diomaye pour la Casamance », le président Bassirou Diomaye Faye a demandé à son Premier ministre, Ousmane Sonko, d’élaborer et de mettre en œuvre un nouveau programme spécial d’investissement baptisé « Plan Diomaye pour le Sénégal oriental ». Une initiative qui suscite des interrogations sur la portée politique de cette « diomayisation » des programmes publics.
L’objectif affiché par le chef de l’État est clair : résorber le déficit infrastructurel et renforcer la présence de l’État dans la partie orientale du pays. Il a ainsi instruit le gouvernement d’« accélérer l’exécution des projets relatifs à la construction d’écoles, de lycées, de l’Université du Sénégal oriental, des ISEP, de l’hôpital de Bakel, de bâtiments administratifs et d’autres édifices publics ».
Mais au-delà de l’ambition territoriale, certains observateurs y voient une stratégie d’ancrage politique. En donnant son nom à des programmes d’investissement structurants, le président semble vouloir imprimer sa marque personnelle sur l’action publique.
Au sein même de la majorité, des voix critiques s’élèvent. Des responsables du PASTEF, le parti dirigé par Ousmane Sonko, soupçonnent le chef de l’État de préparer le terrain en vue d’un second mandat, ce qui, selon eux, irait à l’encontre de l’esprit de l’accord politique de 2024.
Parallèlement, Bassirou Diomaye Faye a réorganisé la coalition « Diomaye Président » qui l’a porté au pouvoir : changement de coordinateur, installation d’un nouveau siège et ouverture à de nouvelles adhésions. Une restructuration qui ne ferait pas l’unanimité au sein du camp présidentiel, notamment du côté du Premier ministre, également président du PASTEF.
Entre stratégie de développement territorial et recomposition politique, la « diomayisation » des programmes d’investissement pourrait ainsi dépasser le simple cadre économique pour s’inscrire dans une dynamique de consolidation du pouvoir. Reste à savoir si cette personnalisation de l’action publique renforcera la cohésion de la majorité ou accentuera les lignes de fracture déjà perceptibles.
Alioune Sow







