Quatorze personnes ont été placées sous mandat de dépôt hier par le doyen des juges, après l’ouverture d’une information judiciaire portant sur un vaste réseau présumé d’exploitation sexuelle de mineurs, rapporte Libération.
Au cœur du dossier figure Pierre Robert, présenté comme le « patron » du réseau. Selon les éléments de l’enquête, il aurait dirigé, entre 2015 et 2025, un groupe de présumés « formateurs sexuels », tous porteurs du VIH selon la même source, chargés d’approcher des enfants en situation de grande vulnérabilité, enfants de la rue, issus de familles très pauvres ou talibés , afin de les exploiter pour des clients.
Lors de ses séjours au Sénégal, Pierre Robert aurait organisé des soirées dans une villa à Saly. D’après les enquêteurs, des mineurs, détournés par le réseau, y auraient été conduits, filmés et victimes d’abus.
Plusieurs interpellations ont eu lieu à Dakar. Aux Almadies, Amath Lô a été arrêté dans un appartement que Pierre Robert continuait de financer. Il aurait été retrouvé en compagnie de sept jeunes garçons présentés comme recueillis par le réseau. À Ouakam, Malick Sène Gueye a également été interpellé. Birame Senghor, surnommé « Boubacar Sweettie » dans des messages interceptés, aurait eu pour rôle d’initier des mineurs.
Un autre mis en cause, Babacar Diallo, aurait reconnu avoir récupéré plusieurs enfants de moins de dix ans pour les héberger dans un appartement payé par Pierre Robert. Il aurait aussi évoqué un projet d’implantation à Dakar d’un supposé « centre de formation » destiné aux mineurs recrutés par le réseau.
L’instruction devra désormais établir les responsabilités de chacun et déterminer l’étendue exacte des faits. Tous les mis en cause bénéficient de la présomption d’innocence.
Alioune Sow







