Ce 6 février marque la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF). Instaurée par l’Organisation des Nations unies (ONU), cette journée vise à sensibiliser sur les MGF dans les États africains. Elle intervient cette année alors que la Cour suprême gambienne réexamine la loi interdisant l’excision, provoquant une vive inquiétude parmi les défenseurs des droits humains.
Les mutilations génitales féminines : une pratique persistante
Les mutilations génitales féminines regroupent des interventions non médicales qui altèrent ou endommagent les organes génitaux externes des femmes et des filles. Souvent pratiquées sans anesthésie et dans des conditions d’hygiène insuffisantes, elles peuvent entraîner de graves complications, notamment des infections, des hémorragies et des problèmes durables liés à la santé reproductive.
Considérées comme une violation des droits humains, les MGF restent malheureusement une réalité dans de nombreux pays africains. Selon l’ONU, plus de 230 millions de filles et de femmes ont subi des mutilations génitales et nécessitent un accès à des soins adaptés. L’organisation alerte également : d’ici 2030, plus de 22 millions de filles supplémentaires pourraient être exposées à ce risque si aucun progrès significatif n’est réalisé.
6 février : une journée mondiale pour intensifier la lutte
Déclarée en 2012 par l’Assemblée générale des Nations unies, la Journée de tolérance zéro aux MGF sert à renforcer les actions contre cette pratique. L’ONU reconnaît des progrès au cours des dernières décennies, mais estime que la cadence actuelle reste largement insuffisante. Pour atteindre l’objectif d’éradication d’ici 2030, il faudrait un rythme de diminution 27 fois plus rapide.
Cependant, dans plusieurs pays, les résistances culturelles et religieuses compliquent considérablement les efforts visant à mettre fin aux MGF.
En Gambie, l’interdiction de l’excision remise en question
En Gambie, où l’excision est interdite depuis près de dix ans, la loi est aujourd’hui contestée devant la Cour suprême. La démarche émane de l’imam Abdoulie Fatty, qui invoque la liberté religieuse et culturelle inscrite dans la Constitution pour remettre en question l’interdiction.
Le député Almameh Gibba, accompagné de représentants religieux, affirme que l’excision ne devrait pas être assimilée aux mutilations génitales féminines et pourrait donc être pratiquée librement.
Cette remise en cause illustre les tensions qui persistent dans le pays et souligne que, malgré les efforts des organisations internationales et locales, la lutte contre les MGF est loin d’être gagnée. La décision de la Cour suprême gambienne pourrait ainsi avoir un impact majeur, non seulement au niveau national, mais aussi sur l’ensemble de la région ouest-africaine.
Salimata Mbengue







