Le journaliste malien Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal L’Alternance, a été arrêté jeudi à Bamako suite à la publication d’un article critiquant le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir au Niger. L’information a été relayée par l’Association de la presse privée (APP), qui exprime sa « vive préoccupation » et demande sa libération immédiate.
Dans l’éditorial publié début février, Youssouf Sissoko dénonçait les déclarations d’Abdourahamane Tiani, qui avait accusé la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’être impliqués dans l’attaque contre l’aéroport de Niamey, alors que l’opération avait été revendiquée par l’organisation État islamique. Le journaliste qualifiait le Niger de « laboratoire d’une expérimentation politique toxique », adoptant un ton inhabituellement direct dans un contexte régional où les relations entre juntes militaires restent sensibles.
Youssouf Sissoko a été placé en détention provisoire, et son procès est prévu pour le 9 mars. L’APP appelle les autorités maliennes à garantir le respect des droits fondamentaux, estimant que les accusations portées contre le journaliste relèvent davantage d’une pression politique que d’un véritable délit de presse.
Dans son communiqué, l’association réitère sa demande de libération immédiate et rappelle que la liberté de la presse constitue un pilier essentiel, y compris en période de transition politique. Elle exhorte les autorités à respecter les engagements internationaux du Mali en matière de droits humains.







