La récente composition du gouvernement dirigé par le Premier ministre Amadou Oury Bah appelle une lecture politique attentive et lucide, estime l’universitaire et politiste Aly Souleymane Camara. Sur les vingt-deux (22) ministres nommés, dix-huit (18) proviennent de l’ancienne équipe, traduisant ainsi une volonté de continuité administrative.
« Toutefois, sur le plan strictement politique, cette configuration soulève des interrogations légitimes », souligne le politiste.
Selon Aly Souleymane Camara, la gouvernance d’un pays, en particulier dans un contexte aussi sensible que celui de la Guinée, devrait reposer sur deux impératifs majeurs : l’efficacité administrative, et des choix politiques capables de renforcer la majorité présidentielle et de garantir la stabilité sociale.
« De ce point de vue, la composition actuelle du gouvernement ne semble, pour l’instant, intégrer aucune figure politique ayant pris part à la dernière échéance électorale, malgré leur poids électoral relativement important. Elle n’intègre pas non plus d’autres personnalités pourtant bien connues de l’échiquier politique national. Les rares figures reconnues comme acteurs politiques proviennent quasi exclusivement de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) », analyse-t-il.
Une telle perception, poursuit-il, fondée ou non, pourrait nourrir un sentiment d’exclusion au sein d’autres forces politiques majeures et, par ricochet, favoriser leur radicalisation à l’approche des prochaines échéances électorales.
« Par conséquent, les acteurs politiques les plus avertis et les plus habiles pourraient, dans ce contexte, s’organiser en coalitions structurées et efficaces, capables de conquérir un nombre significatif de sièges aux niveaux communal, législatif et sénatorial, redessinant ainsi les rapports de force », prévient M. Camara.
Dansa Camara
Correspondant de LNA à Conakry
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