Dans un ancien hangar du port de Kinshasa, transformé en atelier de création, l’Institut régional de la mode en Afrique (IRMA) forme depuis juillet une dizaine de jeunes stylistes venus de cinq pays. Le projet ambitionne d’accompagner 200 étudiants d’ici 2026 et de devenir un « laboratoire de la mode » en Afrique centrale.
Le premier défilé de l’école mêle hommage à la Sape et matériaux recyclés : manteaux réalisés à partir d’anciens rideaux, sacs conçus avec des plantes locales, jupes en plastique. Les apprentis stylistes veulent lutter contre la fast fashion et valoriser les savoir-faire traditionnels, comme le tissu kuba en raphia.
Pour beaucoup d’étudiants, l’IRMA représente une opportunité unique. Jules Kumpava, ancien sans-abri de Kinshasa, y a trouvé « sa vocation ». Dans un pays où la formation professionnelle manque cruellement, l’institut offre des machines industrielles, des outils numériques et un accompagnement entrepreneurial.
Pour la directrice, Sidonie Latere, la créativité congolaise est un potentiel encore sous-exploité : « La RDC ne se résume pas aux mines. Notre vraie richesse, c’est la culture. »







