Les États-Unis ont prolongé d’un an l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), maintenant l’accès en franchise de droits pour plus de 1 800 produits africains jusqu’au 31 décembre 2026, ont annoncé mardi les autorités américaines. L’accord avait expiré fin septembre 2025, provoquant des perturbations pour les exportateurs africains.
L’U.S. Trade Representative, Jamieson Greer, a indiqué que la reconduction devait s’inscrire dans une « modernisation » du dispositif afin qu’il « exige davantage des partenaires africains » et offre « plus d’accès au marché américain », conformément à la politique commerciale « America First ».
Selon la Commission américaine du commerce international, les exportations africaines relevant de l’AGOA ont atteint 8,23 milliards de dollars en 2024, dont près de 50 % provenant d’Afrique du Sud et 20 % du Nigeria, principalement sous forme de véhicules, de métaux précieux et de produits énergétiques.
En Afrique, la réaction reste prudente. Au Kenya, Pankaj Bedi, directeur de l’usine textile United Aryan (productrice notamment de jeans Wrangler et Levi’s), a salué une « bonne nouvelle » mais estimé que la prolongation « ne vaut guère plus qu’une saison », la jugeant insuffisante pour assurer une visibilité permettant des investissements et des commandes de long terme pour ses 10 000 employés.
Au Lesotho, particulièrement exposé en raison du poids de l’industrie textile, le syndicaliste Tsepang Makakole a déploré une prolongation « très limitée », rappelant que les premières discussions évoquaient une reconduction de dix ans. Il craint un départ des investisseurs dès l’an prochain, faute de garanties durables.
Le gouvernement sud-africain, premier bénéficiaire de l’accord, a également exprimé ses réserves. Le ministre du Commerce, Parks Tau, a salué un geste utile mais s’est dit « préoccupé par la brièveté de l’extension », jugée insuffisante pour orienter les décisions d’achat et d’investissement.
L’avenir de l’AGOA reste incertain, alors que plusieurs secteurs africains demeurent affectés par les hausses tarifaires américaines imposées ces derniers mois, réduisant l’impact réel du dispositif préférentiel. Une éventuelle révision structurelle de l’accord sera discutée dans les prochains mois entre Washington et les pays participants.







