L’ancien Premier ministre et ex-ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, livre un témoignage sans détour sur les rouages de la justice sénégalaise et internationale. Il y affirme avec force : « Macky Sall ne sera jamais poursuivi », tranchant ainsi définitivement le débat sur d’éventuelles poursuites judiciaires contre l’ancien chef de l’État. Sans oublier, le dossier de la CREI. Témoignages de première main sur celui qui fut le dernier premier ministre sous l’ère Macky Sall. L’homme de droit vient de publier un ouvrage de plus de 800 pages : 101 discours d’espoir, Plaidoyer pour un monde meilleur. Un témoignage historique attendu !
Pour Me Sidiki Kaba, l’affirmation selon laquelle l’ancien président échappera à toute poursuite ne relève pas de la simple opinion, mais d’une analyse profonde de la stabilité institutionnelle et du droit sénégalais. Selon lui, engager une procédure contre Macky Sall ouvrirait une « boîte de Pandore » juridique et politique que le Sénégal ne peut se permettre.
Il soutient que la protection de la fonction présidentielle est un pilier de la République. En s’opposant par le passé à l’acharnement de la CREI, Me Sidiki Kaba avait déjà tracé une ligne rouge : la justice ne doit pas devenir un instrument de règlement de comptes politiques. Pour l’ancien Garde des Sceaux, poursuivre un ancien chef d’État après son départ créerait un précédent dangereux, susceptible de déstabiliser les fondements mêmes de la nation.
La primauté de la stabilité sur la reddition des comptes
Me Sidiki Kaba laisse entendre que la raison d’État et la préservation de la paix civile l’emportent sur les velléités de poursuites. Il rappelle que les actes posés dans l’exercice de la fonction présidentielle bénéficient d’une protection juridique complexe. En disant « niet » à Macky Sall hier pour protéger des figures de l’opposition ou de l’ancien régime, Me Sidiki Kaba se pose aujourd’hui en garant d’une forme de cohésion nationale, estimant que le pays doit regarder vers l’avenir plutôt que de s’enferrer dans des procès post-mandats qui ne finiraient jamais.
L’homme qui a dit « niet » à la traque de la CREI
Au cœur de ses révélations, Me Sidiki Kaba revient sur son rôle historique de régulateur au sein de l’appareil judiciaire. C’est lui qui a mis un coup d’arrêt définitif à la vaste campagne de poursuites menée par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).
Alors que cette juridiction visait de nombreuses personnalités, dont l’ancien ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom, Me Sidiki Kaba s’est opposé à cette stratégie. En tant que Garde des Sceaux, il a eu le courage de dire « niet » à Macky Sall, l’avertissant fermement :
« Si vous voulez travailler, ce n’est pas la voie. »
Une vision globale des Droits Humains
Au-delà de ces épisodes nationaux, Me Sidiki Kaba partage son expertise sur la justice internationale et son expérience au sein des instances multilatérales. Pour lui, le respect des droits humains demeure un combat permanent, indispensable à la stabilité de l’Afrique et du reste du monde.
L’ancien ministre consigne ces moments clés de l’histoire politique du Sénégal dans son nouvel ouvrage. La cérémonie de présentation, prévue le 30 janvier, promet de lever le voile sur les coulisses du pouvoir et les tensions entre impératifs politiques et principes juridiques.






